J. Ilaller, II, 427 ; Moniim. CnnclL, II
2. Leur tiédeur déplut à Charles VII, qui ne leur cacha pas son mécontentement : <i Et bien sommes merveilléz comme vnus avez esté consentaus de la publication de certam decreit fait contre la puissance et estât d'iceluy noslre saint Père, voayans maismement les ambassadeurs de l'Empereur et de tant d'autres princes soy ad ce opposans. Et ce et aultreschoscs vous avons fayt assez savoir par ledit Charlles... » (Bibl. Laurentienne, plut, xvi, ms. 13, fol. 110 r".)
3. Lettre des ambassadeurs de Bourf^of^ne au chancelier Rolin (Bàle, 15 juin 1433) : « Mondit seif^neur nous a mandé de rechicf, car ainsi nous avoit été charg-é à notre département, de, en touttes manières que pourrmis, saulve l'honneur de mondit seij,meur et sa conscience, favoriser et porter le l'ait du Pape et de non consentir de par luy à sa déposition ou suspension, etc.» (Bibl. nat.. ms. lat. 1518, fol.Or».)
DÉMARr.iiiïs œi.i.Er.TivES ni:s pl'issant.es '2'i'.'>
chèrent donc plusieurs fois avec ceux du roi des Homains, des Électeurs, de Charles VII, de Henri VI, du duc de Savoie, du duc d'Autriche, du mar^i^rave de Misnie, et avec quelques hommes de .conliance du roi d'Arai^on ; constatant que tous étaient d accord pour s'opposer à des mesures {[ui risquaient de provoquer le schisme, ils résolurent de demander aux pères un sursis, en oll'rant d'a^nr auprès du pape de fa^-on à obtenir son adhésion pleine et entière. Cette démarche collective eut lieu le 14 juin ; l'évéque de Xevers porta la parole au nom de tous '. Le 23, une lettre des plus pressantes, également collective, fut adressée à lùii^-ène IV : si le pape ne se hâtait pas de reconnaître la canonicité du concile dès le délmt, on ne répondait de rien, les pires scandales étaient à craindre - ! Dansles jours qui suivirent, nouvelles démarches des représentants de Sigismond. Les pères
1. Lt'Kie (U'jà oik'edii 15 juin: " El, quant à ce, les ambaxadi'urscle lEmpcreur, des Eliscurs de 1 Enipii-e. du i-oy de France et du roy d'Anglelerre. du roy d'Aiia- }ïon, du duché de Savoye, du duc Alberlh d'Autriche, du marquis de Misre sont dune conclusion, de non vouloir aucunement assenlir à faire chose dont cisme poil venii-. Et avons tenu journées avecqnes eulx plusieurs, et prins conclusion de premièrement exhorter cenlx du Concile ((ue veuillent délayer telles voyes, et encore requérir notredit saint Pcre de adhérer plainemenl. et, en cas que vouldroyenl procéder avant et non déférer aux requestes faites par lesdits ambaxadeurs. avons conclud de protester de non ,i.sse»i.s». aut consentir, etc. Et hier fut exécutée la voye de l'exhortation en la personne du Président dudit Concile, tous les dits ambaxadeurs présents, par la bouche delevesque de Nevers en nom de tons lesdi/. amba.xadeurs. Et avons espoir d'y profiter au bien de l'Efrlise universelle. ..
2. " Dum tamen, pastor clemenlissime. ovile vestrum in hoc loco Hasiliensi tam sollempniter afTfrrefratum et S. Spiritus j,'racia etlicacissime connexuni et stabilituni Healilndo vestra duxerit in ulnas suas recollij.'ere et paternaliter amplecti. perfectanique ejusdem sancte Synodi unilatem. conjunctionem et coulinuationeni exlitisse al) ipsius Synodi initio cum Sanctitate vestra, capite summoministeriali ejusdem Synodi et universalis Ecclesie, lucidius et expressius declarare, celeriler approbare ctratilicare non obmiserit Hcalitudo vestra : alioquin, nicliil... nltcrius a^ere vel prolicere in hoc veslri honoris certaminepoterimus : tjuoniam ynio vestre Sanctitati incommoda et mililanti Ecclesie scandala incredibilia parari acevidenter imminere providcmus. quod Deus avertat 1 » — Les ambassadeurs qui se réunirent poin- adresser cette lettre au pape sont ceux de l'Empereur, des rois d'Aufrleterre. d'Aragon et de Navarre, du duc de Bourgogne, des ducs Albert et Frédéric d'.Vutriche, des ducs de Savoie et de Clèves (Musée britann., ms. Ilarley s?6. fol. 12 v"). — Cette lettre semble avoir été confiée à l'abbé de Sainte- .lustine. qui s en retournait ahii-s à Rome ponr se faire soifruer une lislnle Mitniini. Cnncil.. II. 3s7 .
23() i.A vir.ToiRn; uv concile
l'efusaient décuiément d'octroyer le sursis de sept semaines qui eût permis aux ambassadeurs d'envoyer une délégation à Home ; et pourtant, en cas d'échec auprès du souverain pontife, ceux-ci se faisaient fort d'obtenir (|ue leurs maîtres consentissent au procès, désormais justifié, cpii serait poursuivi contre Kufii'ène. Sur ce. nouvelles pi-olestalions des ambassadeurs bouri^uig^nons, auxquelles adhèrent expressément les ambassadeurs de Savoie : ni les uns ni les autres n'admettent les mesures que le concile veut prendre. L'évêque de Nevers va jusqu'à dire que, tant ([u'il n'aura pas reçu de nouvelles instructions, il s'abstiendra de prendre part aux délibérations ' .
Cette résistance des princes rendait bien difficile de frapper le coup que les pères méditaient depuis longtemps.
Cependant la passion triompha de ces obstacles, ou plutôt l'attachement aveugle à un principe qu'on croyait fondamental et divin fît mépriser toutes les considérations de convenance politique et d'opportunité.
Chaque fois que la proposition de surseoir fut soumise au scrutin, une majorité notable se rencontra pour l'écarter. Le seul effet produit par les protestations des envoyés de princes ou autres opposants fut de réveiller le souvenir des pénalités qu'encouraient les <( perturbateurs » ; on compulsa les décrets de Constance, les bulles de Martin V : les pères dressèrent l'inventaire des armes dont ils disposaient, se promettant bien d'en faire usage. Ils conservaient également dans leur arsenal certain décret de suspension dirigé jadis contre Jean XXIII, dont il parut utile de relire le texte et de multiplier les copies '.
Si le pape comptait encore à Bàle des partisans, et même de considérables, ils étaient désunis, privés de direction : le saintsiège n'y avait aucun représentant notable. Pour enhardir les
1. J. Ilaller, II, 437, iiD, i47 ; Moniim. Cnncil., II, 392, 39j, 306 ; Mansi, XXX, 613-615 ; Guichenon, IV, Pr., 299.