Cf. Deutsche Reichstagsahlen, XI
2. " Tertio idiis septeinbris » (Ai-cli. du Val.. Reçf. 372. fol. 222 r). Le mot « tertio » a été supprimé dans les éditions ; Mansi, XXX, SI ; Moniim. Cnncil., II, 567), et l'on date d'ordinaire cette bulle du 13 septembre. — V. les explications données par le pape au sujet de cette bulle dans sa lettre au doge de Venise du 1" d'-cenbr.' Rinilcli. IX, 15J; Deiit<iche Reichstaçfsakten, XI, 121).
i.A m i.Li; i>i-:t's xovit 2o3
de cortuiiics églises de Home, puis envoyée en diverses parties du monde et publiée par des nonces d'Eug^ène IV ', Dans certains manuscrits, la copie de cette bulle est précédée des mots : (« Lettre du pape Eugène dirigée contre le concile de Bàle et (i envoyée à tous les princes chrétiens -. » Il semble l^ien établi qu'elle fut au moins |)ubliée ou commentée, à Vannes, en présence du duc (le Bretagne, et à Angers, au sein de l'Université '.
On n (Il cite cependant aucun exemplaire authentique. Eugène l\' la désavoua. Il n'était, affirma-t-il, pour rien dans la confection de cette lettre : il ne l'avait point commandée, elle s'était faite à son insu. Sur les observations de deux de ses nonces, il défendit même au rédacteur d'en plus répandre la copie. Ce serait un simple projet, n'ayant jamais re^u l'approbation pontificale : œuvre de quelque secrétaire, de quel([ue membre zélé de la cour de Rome. Jean Berardi, archevêque de Tarente, disait connaître ce rédacteur, mais ne voulait pas le dénoncer ^.
On s'est perdu en conjectures •'. On a même douté, et l'on
1. .\iiluinL' de Ui,)selli et l*ierro |oii pluti'it .Ipan;» de MuiUe ». Y. le moiiitoire de 1 l.ii) [Ampliss. collecl., VIII, 9.31;. V. aussi l'acte d'accusation contre le pape (art. 33 .où l'on ne nomme plus (|ue le premier de ces nonces, enfin le discours prononcé, à^'icnne, par Jean de Haj^use le 13 mai 1 'i3S : « Suo mmiine i'uil per orbeni publicala. » (Hilil. \'at.. ms. Reg. 1019, fol. 371 r".)
2. n (!()])|3ia cujnsdam litière domini ]ùij;enii pape IV misse ad onines principes cliristianos innli-a et adversus sacrum Concilium Hasiliense et exislentes in eodeni. » (Bibl. Lanrentienne, ms. Stroz/.i 33, fol. 81 r'; Hibl. Vat., ms. lat. \'atic. 1181. fol. 133 v°.
3. Déposition faite à Hàle. le l'.i mai I 13S. parle curé breton Michel Andrée: « \'idit liullam dicti dimiini l-'uj^'^enii dissolucionis hujus Cnncilii articulale in prescncia domini ducis Hritanie publicari per quendam Anthonium de Hosellis et Joiiannem de Monte, ambassiatores Pape, e.xcitanles ducem ut illi dissolucioni adiierere vellet. videlicet Veneti. in manerin episcopali de Muta nuiicupalo, publiée in magna aula, pi-esentc magna baroniun et nnbiliuni ac pi'elatijrum nuillitudine... Ipsc vidit ipsam bullam Deus novil in nianibus dicti Antlionii de Rosellis, ^'eneti. i)resenlibus quibus supra, et audivit quod illam publicavit in studio .Vndcgaxensi. et predicavil in sermone coram L'niversilate, et elTcctum dicte bulle publicavit coram ipso duce Hritanie in latino, et Jobannes de Monte vcrbis gallicis. » (liibl. nat., ms. lat. 1511, fol. 132 r".)
i. Monum. Concil., II. 561 ; cf. p. 565.
5. Parmi les défenseurs des droits du saint-siège h l'époipie d'Kugéne W, les écrivains des derniers siècles ne conriaissent et no citent guère cjue Jean de Tor-
•2^'ii i.A vu;i(iii!i; m conçu. i-:
doute encoiv do Icxisteiico de cet auteur distinct, iudrpiMulanl du pape et seul responsable de la composition du document.
Un chapitre inédit de l'IIistoire de Jean de Ségovie nous révèle, il est vrai, un nom ([ui fut prononcé, celui d'Antoine de Roselli d'Arezzo, au([uel beaucoup de contemporains, paraît-il, attribuaient la rédaction de la bulle '. Mais ce n'est là qu'un faible indice, et nous serions encore plongés dans l'incertitude qui régnait en 1433, si l'auteur lui-même de l'encyclique ne se dénonçait dans ime lettre qu'on peut lire, à Florence, dans un manuscrit de la Bibliothèque Laurentienne.
Antoine de Roselli (c'est bien de lui qu'il s'agit), écrivant à Eugène lY et rappelant la lecture faite à Bâle de la bulle Dcus novit, non seulement en défend la doctrine, en vante la clarté lumineuse, l'impitoyable logique, mais en revendique expressément la paternité : « la lettre fabriquée par moi », dit-il en propres termes, « epistola a me confectn quœ incipit Deus
novit » 2.
Cet Antoine de Roselli n'est pas le premier venu. Juriste, Bis de juriste, il s'était fait connaître par un grand nombre d'ouvrages de droit. Martin V, puis Eugène IV l'avaient honoré de leur faveur. Comme avocat consistorial, on l'avait vu mêlé à des
quemada. Aussi Ticléc leur esl-elle venue de lui attribuer la composition de la huile Deus novit (H.-L.-C. Maret, Du concile général et de la paix reli- (fiense. I, 485). Ils n'ont pas réfléchi, ou n'ont pas su qu'à cette époque Torquemada se trouvait, non point à Rome, mais à Bàle, où il représentait le roi de
Castille.
1. « In fine autem luijusmodi allegationum assertiones lUe sunt que pro magna parte continentur in buUa Deus novil, ut multi asseruerunt, par ipsum Antonium de Rosellis édita. .. (Lib. XIX. cap. 28.) — Dans un ms. du xv!" siècle (Bibl. Vat., ms. lat. Vat il89, fol. 170), un mémoire composé par Louis Pontano en 1438 est précédé du titre suivant : « Incipit Epistola pro veritate catholica ac justificatioue S. Concilii Basiliensis defendenda, composita a Lodovico de Roma contra bullani que non est per Dominum nostruni promulgata ; sed dicitur Antonius de Rosellis fecisse. » L'auteur du- titre a certainement en vue la bulle Deus novit, bien que Louis Pontano, dans ce mémoire, n'y fasse aucune allusion
directe.
2. Bibl. Laurentienne. plut, xvi, ms. i;}, fol. 128 r». Je donne tout ce passage
plus loin. p. 289. note 2.
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procès retentissants. On prétend iiu'il avait é^^alenunl iait preuve de talent dipU)nialique dans les récentes négociations enirairées avec Sig-isniond '. En tout cas, sa situation à la cour de Rome le dési«;nait pour prendre part à la lutte contre le concile de Bàle, el Ton nest point surpris d"api)rendre qui! fut un des témoins de la protestation du cardinal Orsini ', et quil argumenta devant le pape, en présence de l'Empereur, contre le projet d'adhésion pure et simple au synode -^
Roselli reparaîtra plus tard dans ce récit. Un essai qu'il tenta en 1 i.'ij a quelque rapport avec le l'ait qui nous occupe : comme il avait imaginé l'encyclique Dciis novit, il jeta sur le papier le projet d'une autre bulle, également destinée à réfuter les thèses bàloises, et qui n'eut pas non plus d'existence réelle ''.
On cite de lui surtout le traité Monarchia ou De poteslalc Impcratoris ac Pap^e, dédié d'abord à Sigismond ■', puis allongé notablement et dédié à Frédéric III •'. Les thèses impérialistes
1. A cette occasion, il reçut delà Chambre apostolique diverses soimnes aux mois d'avril et de mpi li33 Ai-ch. d'État de Uonie, Tes. ponlef'., Mnii(lnti, I i:iO- .31, fol. "6 v", 81 v\ 82 r"). Si^^ismond toutefois ne lavait certainement pas nommé comte palatin, comme le prétend Pierre Barozzi, auteur très suspect ilune oraison funèbre de notre personna^^e (imprimée à la suite du De cuitlione nflhihendn in eilendis lihris d'Augustin V'alerio. Padoue. 1719, in-»", p. 177;.
2. Mansi, XXXI, 181. — Roselli porte dans cet acte le litre d'avocat consistorial.