‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 170 sur 257 · LA VICTOIRE DU CONCILE · texte numérisé non relu

LA VICTOIRE DU CONCILE

Le comte avait pensé dabord que trois cents lances lui subiraient pour effectuer sur la rive droite du Rhône une simple démonstration : la crainte d'avoir à repousser une invasion de Villandrando lui fît lever toute une armée, avec lacpudle il s'apprêta à mettre le siège devant Avignon '.

Le 3 mai, le vieil évéque de Valence faisait entendre un dernier cri d'alarme devant les États du Gomtat : fantassins, cavaliers et arbalétriers se concentraient sur la rive droite ; des embarcations étaient prêtes à leur faire passer le fleuve. Avignon pouvait résister ; mais, dans le Gomtat, que de places mal garnies d'hommes ou de munitions î II était fort douteux que les États pussent continuer de se réunir : ne feraient-ils pas bien de nommer une délégation, en l'investissant de pouvoirs étendus même pour traiter de la paix - ? Les États se contentèrent de voter une contribution de guerre de 1000 florins •^.

Les prévisions du vice-recteur se réalisèrent. Dans le Gomtat, le succès de Pierre de Foix fut rapide. Il y avait pénétré, le

10 mai, avec ses frères et une petite armée de 2.000 chevaux, qui grossissait à vue d'œil. Précédé de la bannière aux armes pontificales, il avançait aux cris de : « Vive le pape ! Vive Mgr « le cardinal de Foix ! » Quand on arrivait devant une ville, les prélats de la suite du cardinal '■> cherchaient d'abord à parlementer : offres alléchantes, éloge du pape, récriminations contre le concile,

1 F Ehrlc, p. 505. Cf. Ménard, Hist. de la ville de Mmes, III. ISO ; J. Quicherat, p. 85, 95, 2i5 ; Flourac, Jean I". comte de Foix, p. 162 ; Inveul. des Arch. commun. d'Alhi, CC 184 : Mijfuel du Bernis (Buchon, Choi.v de chroniques et mem. pour Ihisl. de France, Paris, 18 51, in-S»), p. 595 ; F. de Grailly, Bévolte des Avignonnais et des Comtadins contre le pape Eugène IV (Avignon, 1898, in-8»),

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