LA VICÏOTUE DU CONCILE
noui qu'en celui de lévèque, du clerij;-é et de T Université d'Angers, un certain M'^' Jean Boucher ijour lui remontrer tout le péril qu'il y avait à laisser les yens de Bàle procéder à une déposition scandaleuse ', puis à une élection qui, étant donnée la composition du concile, n'avait aucune chance d'être avantageuse à la France -, Intérêt d'État -^ traditions de famille, devoir de reconnaissance '', peur du schisme, danger d'introduire en France de nouveaux germes de discorde, risque enfin de décourager les bonnes volontés grecques ou tchèques, tous ces mobiles, plus ou moins nobles ou intéressés, furent mis en avant pour persuader à Charles VII de prendre en mains résolument la défense de l'Église et du pape. D'autre part, Charles d'Anjou, troisième fils de Yolande, et le fameux Dunois intervinrent, à la demande du cardinal de Foix, et obtinrent du roi l'envoi d'un nouvel ambassadeur chargé d'appuver près des pères les intérêts d'Eugène ■'. Ce fut un laïque, Simon Charles, que, pour plus de sûreté, on fit précéder d'une lettre écrite à Loches, le
1. « Avisamenta domino iiostro Rej^M ex parte résine Jherusalem et Sicilie, episcopi, cleri et Universitatis studii Andegavensis per venerabilem virum magistrum Johannem Bouchier exponenda. . . Proposita fuerunt hec coram Regem per predictum. juUii x'. » (Bibl. Laurciitienne, plut, xvi, ms. 13, fol. 103 r° .)
2. « Guni Basiliense Concilium pro niajori parte numéro Anglicis, Burgundis et sibi foventibus sit compositum, cumque iiuUus sit cardinalium qui de natione Francie existât, quis estimât quod novus eligatur papa qui dicto domino nostro Régi et sue parti faveat et ipsum foveat ? NuUus profecto. ut videtur. »
3. <i Etjam Bohemorum luil conclusio quod cuilibet communitati licet , cum vidèrent expediens, suum principem aut presidentem deponere. »
4. '< Dominus noster Papa semper dicti domini nostri Régis justiciam fovit et ab inimicorum et adversantium incursibus et fraudibus, more pii palris, protexit et défendit. »
5. Lettre écrite, d'Avignon, par le général des Carmes, le 2 octobre [1433] : « Noveritis quod Karolus de Andegavia et Bastardus .\urelianensis scripxernnt domino cardinali de Fuxis, jam sunt .m. dies, quod,... contemplatione sui, ipsi fecerunt quod dominus rex Francie mittit ambassciatores suos Basilcam. ut opponant se decreto et factis Concilii. in quantum tangunt personam sanctissimi domini nostri Pape et potestatcm ipsius. Et hoc est certissimum, quoniam dominus Gardinalis jam misit copiam sanctissimo domino nostro Pape, et ego vidi eani. Etjam Rex Romani certes suos oratores [mittit], prestando et offerendo ac dando veram et pcrfectam obedientiam sanctissimo domino nostro Pape, personam ettolum regnuni. .. (Bibl. Laurentienne. ms. cité, fol. 106 r".)
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28 août, et portée à Bàle en toute hâte : le roi y répétait en quelque sorte la leçon apprise de sa belle-mère, s'v montrait fort épouvanté des suites de la douzième session, conjurait les pères de réiléchir et de ne point tant s'acharner contre le souverain [)ontife ',
A peu de temps de là, Charles \'I1 reçut la plainte d'Euofèiu' 1\' contre les ambassadeurs de France à Bàle. Il s'en montra fort ému : le Conseil, à l'unanimité, décida de faire partir un certain Nicolas de la Chapelle -, qui ouvrirait une enquête à Bâle et ({ui, au cas où les graves paroles reprochées à Coëtquis auraient été réellement prononcées, devrait le désavouer, lui signifier son rappel, proclamer les véritables sentiments du roi ' : jamais, depuis que l'élection de Gabriel Condolmario lui avait été notifiée par le sacré collège, Charles VII n'avait conçu le moindre doute au sujet de la légitimité tlu nouveau pape ; jamais il n'avait eu vent de la moindre circonstance qui pût à ce' sujet provoquer une ombre d'hésitation. Il avait toujours considéré si bien Eugène IV comme pape indubitable qui! lui avait adressé une ambassade d'obédience, à la tête de laquelle se trouvait précisément l'archevêque de Tours. C'est ce que le roi prit soin d'écrire lui-même aux jjères ^ ; c'est ce qu'il fit
1. Bibl. Laurciilieiine. plut, xvi, ms. 13, fol. 89 % " ; Bibl. Angélique, ms. 118, p. 116 : Ami/liss.collecl.. VIII, 633: Champollion- Figeac, Le//re.ç ries rois el des reines. II. iôi (sous la date de 1139).
2. Lettre de Regnault de Chartres au pape datée de Tours, le 20 septemljrc [1 133] ms. cité de la Laureutienne, fol. 1 1 i v"^.
3. Instructions de Nicolas de la Chapelle : « Et se, par informacion ou aultrenient deumenl, vous trouvez ledit archevesque une foiz ou plushours avoir dit lesdiles paroles, ou semblables en substance, vous demonstriez la vroye oppinion et ferme que nous avons tousjeuveu el avons à la personne et estât de nostredil
Saint Père et. ce fayt, dcsa\ouczcn nostre nom letlit archevesque, de ce que il a
dit en ceste matière, et tous ses adherenset complices, et déclarez ce avoir esté dit contre nostre volenté : et révoquez de nostre ambassade et procuration : lequel, ondit cas. par ces présentes, nous révoquons... » [Ihid., fol. 108 r".)
1. Lettre datée de Tours, le 22 septembre : « Audivimus, dolore cordis inlrinsecus sauciati, archiepiscopum Turonensem, consiliarium nostrum, quem unum ex ambassiatoribus nostris ad supradictam Synodum cum aliis transmisinuis,
Le l'upe et le (Juncile. If^
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savoir à Rome ', et, dans la lettre très sévère qu'il adressa à ses premiers ambassadeurs, il se montra courroucé de leur attitude dans cette circonstance, comme aussi de la complaisance avec lacpiellc ils avaient laissé passer l'étran^'-e décret de la douzième session -'. A l'égard dEugène IV, ses instructions étaient bien nettes : « ^\lulons (|ue en toutes manières procurés « qu'il soit g-ardé et maintenu en son estât et honeur 'K » En
\erba iiostru noiniue prolulissc [in] sessione pul^licu, \ icibiis iLoralis, que ncduiu voluntati nostrc sunt contraria, sed et univcrsali Ecclesie. honori sanctissimi patris nostri Eiif^eiiii. Siimmi Pontificis, nostroque siint allatura discrimen, nisi céleri occurreretur j^rovisione. Ausiis est enini prot'erre, ut fide diguorinn relatione nobis comperiuius, in publicum et asserere nos aliquando revocasse, sed et nunc revocare in dubium an electio dicti patris nostri Eugenii, Summi Pontificis, canonica extiterit, anve dictas pater Eugenius pro indubitato Summo Pontifice sit reputandus. Cujus dubii scrupulus nuncpiani anime nostro inhesit, ab ea maxime die qua ejus electio per cardinalium CoUejjium nobis, ut moris est, notilicata fuit concorditer émanasse. Nec ab ilio tempore aliqua nobis innotuerunt per que t|uovismodo de ejusdem Summi Pontificis auctoritate emerg:ere debeat ambiguitatis scintilkda ; sed prolVclo eumdem indubitatum Papam, veruni Christi in terris vicariimi, pev nostros ambasiatores visitari fecimus : inter quos tune primus fuit dictus archiepiscopus, per quem et alios eidem fecimus filialem exliiberi re\ erentiam, ut taleni semper habuimuset habemus ; et ab cadem Sanctilate, tanquamab indubitato Ecclesie pastore, oportuna nobis et subditis pctivimus et petimus elai-giri. Et, ut neminem lateat ad displicentiam nostram pcrmaximam sui^radicta fuisse prolata, expresse dictum archiepiscopum, et quoscuni((ue alios in hoc sibi adhérentes et conscios, devotamus et contra nostram ^•oluntatem processisse verba deciaramus, ipsumque archiepiscopum Turonensem ab aliorum nostrorum anibaxiatornm societate et nostro procuratorio revocamus. Ut vero nostra clarius innotescat super hiis intentio, mittimus impresentiarum apud eandem Synodum dilectum et lîdelem consiliarum nostrum magistrum Nicolaum de Capella, in legibus licenciatum et in tlieologia baccalarium formatum, ut voluntatis nostre propositum notificetet executioni demandet, juxta instructiones sibi i)er nos traditas. » (Ms. cité, fol. 107 v".) — Une autre lettre, très semblable, est adressée au.x cardinaux présents à Bàle ibid., fol. 109 r",.