‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 190 sur 257 · Monum. (Unicil.. II · texte numérisé non relu

Monum. (Unicil.. II

l'FRFiDKs a(;issi;ments i»i vist;<tMi 20n

(lailleurs, les rédacteurs du dueunieiil, ils ne prévoyaient certainement pas l'usajife qu'en ferait le \'isconti.

Quatorze mois plus tard, quand la conflagration j^énérale des Etats de IHj^lise lui parut propre à favoriser ses desseins, limplacable adversaire d'EuLfène W exhuma cette pièce, feif^nant d"v voir un ordre que le concile lui aurait donné d'intervenir par la force dans les provinces ecclésiastiques. Il y joig-nit une déclaration : docile aux prescriptions de l'I-'^lise. il s'empressait de se rendre à l'invitation des pères.

Ce sont l;i. sans doute, les lettres du concile que produisit Fortehraccio pour justifier son aij^ression '. V.u tout cas, Philippe-Marie, à la date du '2~ octobre 1 i-S'i. transmit la même pièce à son lieutenant Jacques de Lonato, avec ordre de « prendre « sous la protection du concile » toutes les villes, terres, places, troupes, individus et capitaines (jui seraient disposés à faire adhésion au synode ; en même temps, il priait ses amis, particulièrement Fortehraccio, et enjoiji;-nait à ses capitaines de prêter main forte à Jacques de Lonato « pour tout ce qui concernait le « bien de ri*]glise universelle et du concile de Bàle • ». Ainsi, soit cpi'il encourageai la rébellion de Fortehraccio, soit qu'il aj^ît luimême par l'entremise de Jacques de Lonato, le \'isconti prétextait une mission du concile, une sorte de devoir sublime à accomj)lir, pour ruiner en Italie l'autorité pontificale •'.

Il ne tarda pas à faire dans la Marche d'Ancône une autre

1. Fl. Hioiulo ^p. i"T dit expressi'inent que Furtebraccio sappuyait surdos ordres du duc de Milan, cl quil p.rélcridail être vicaire du concile en Italie. Sur la complicité de Philippe-Marie, le sénat de Venise avait exprimé son opinion dès le lî septembre ('.nncU. Basil.. V. p. xi.ix .

2. lîibl. Laurentienne, plut. xvi. ms. 13. fol. 121 r". Cf. Moniim. Concil.. II. 658. Dans un ms. du .xv siècle Bibl. Anf;éli(iuc de Rome. ms. 118, fol. i5 . cette

eltre est accompagnée de la note suivante: ■< Ista est copia littcre quam ostenduut populisisli capitanei arniorum. et subtenore istius littere omnia occupant ...

3. Ses armements considérables sont sijruaiés dès le 22 novembie dans une lettre écrite, de Hâle. par 1 évcque de Padoue Scarabelli. Dichiurazione di iloniinenli di storin l'iemniilese dans Archiv. slor. ilaliano. I. xiii. 282. Cf. des instruitions dressées i Venise le 21 noxcmbre De ni si- lie lU-irhsIuffsiihli'n. XI. 12(1 .

300 i.A vic.iniKi: m CONÇU. I.

application de cotlo inj^éiiieuse méthode, l'^rain^ois Attendolo, lils naturol et héritier des tah^its militaires de l'intrépide paysan romag'nol (jui a\ail illustré le premier le surnom de Sfor/a, avait une querelle à terminer dans ses possessions du royaume de Sicile : ce lut du moins le prétexte qu'il invoqua pour demander à Eugène H' la permission de traverser les Etats de l'Eglise. Un de ses parents, Michel Attendolo, se portait garant de ses intentions pacifiques. Le pape céda, mais à regret : il se sentait peu rassuré. Son inquiétude se trahit dans les demandes de secours qu'il adressa aux républiques de Florence et de Venise, comme aussi dans les recommandations qu'il fit parvenir à ses gouverneurs. Celui de la Marche, Vitelleschi, tout en manifestant une confiance polie, défendit qu'on laissât Sforza pénétrer dans les villes, de peur qu'il n'éprouvât le besoin d'y rester.

Tout se passa bien pourtant à la traversée de la Romagne. Mais la nouvelle de l'approche des 2.000 chevaux du condottiere provoqua la plus vive effervescence dans la Marche, qui supportait difiicilement le joug de Vitelleschi '. Soit que la révolte de Fermo, qui se produisit sur ces entrefaites, allumât la convoitise dans l'âme de Sforza, soit plutôt que son plan, depuis longtemps concerté avec le Visconti, comportât la conquête de l'Etat pontifical, son attitude changea soudain.

Parvenu à la hauteur d'Ancône, il se jeta sur .Tesi, qui lui ouvrit ses portes (7 décembre) -. Delà, il écrivit aux habitants des villes voisines que le concile, informé de la mauvaise conduite et de l'administration pitoyable d'un pape ennemi du peuple, de la noblesse et des braves gens, l'envoyait pour affranchir la Marche et combattre Eugène IV dans toutes les provinces où il

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