Ibid.; J. Haller, III, 82; Monum. Concil., II
'». Ils se hâtèrent, suivant Jean de Torquemada (Suinina de Ecoles., lib. II. cap. 100), de tenir cette session avant l'arrivée des ambissîdeurs de Castille et d'Angleterre, dont ils appréhendaient le dévouement au saint-siège.
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présidents qu'on les attendait pour commencer ; ils répondirent qu'ils étaient occupés avec les ambassadeurs de Venise, qu'au surplus on les avait dispensés de l'assistance à cette session. Cesarini fut donc, ce jour-là, seul présent à la promul^^ation du tl()<.;-me de la suprématie conciliaire '.
A ce pi'opos, il est peut-être bon de faire observer que la bulle adressée, le 17 décembre, à (Cesarini ne semblait l'autoriser qu'à présider concurremment avec ses collè«i^ues -, (^t ({uelle ne contenait aucune clause analoi^uo à celle (pii se lit dans les ])ouvoirs d'Orsini, de Pierre de Foix, d'Albergati, de Foschi ou de leurs suppléants, je veux dire la promesse de ratifier ce qu'ils auraient conclu d'accord avec le concile. Il se pourrait qu'Eug-ène 1\' n'eût pas entendu confier à Cesarini la même autorité qu'à ses autres représentants.
L'absence d'Albergati, de Jean Berardi, de Pierre Donato et de Louis Barbo avait donc une signification : elle indiquait que Rome ne s'inclinait tovijours pas devant la suprématie conciliaire. Je sais bien que ces mêmes nonces avaient été amenés à jurer individuellement obéissance aux décrets de Constance ; mais, ce qu'ils avaient fait comme simples particuliers, ils refusaient de le faire comme représentants du saint-siège.
Tandis que le concile inaugurait do la sorte le régime de paix et de respectueuse déférence dont il avait fait espérer l'avéne-
1. .1. Ilnller. III. «:>. 115. 131 : Muruiin . Cancil.. II. 712. 71.3: Mansi. XXIX, «11.
2. .' Tibi injun^'imus qualinus presidenciam... un;i cum aliis legatis et presidenlibus ac eorum subslitulis per nos postmodum deputatis seu in fulurimi depulandis. juxta facultatem pi'i-nos eis concessam.... c(Mîl,inues, ac... cum pru-f.ilis... ad debilum et felicem fincm... perducere studeas. •> Mnniirn. Convil.. II, (iOî.
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mont au pape, celui-ci avait à peine le loisir d'exprimer rincpiictude que lui causaient les perpétuels défis jetés à son autorité, les alîronts dont on abreuvait ses nonces. Le spectacle (ju'Eugène IV eut alors sous les yeux, les dangers qu'il courut, les tragiques aventures qu'il lui fallut traverser l'obligèrent presque h chasser de son souvenir, pour un temps, le concile de Baie.
Nous avons laissé, à la mi-décembre, François Sforza déjà presque entièrement maître de la Marche d'Ancône. Sa situation, depuis ce jour, n'avait fait que s'y consolider. Le gouverneur, Vitelleschi, après s'être quelque temps caché dans son propre palais, s'était trouvé heureux de gagner Venise avec une partie de son trésor '. Cette fuite décida de la capitulation d'Osimo - et de la reddition définitive de Recanati^ Or, Vitelleschi, confiant dans la fidélité des habitants de cette dernière ville, en avait placé plusieurs comme gouverneurs des citadelles voisines. Sforza, maître de Recanati, arrêtâtes parents de ces châtelains et somma ces derniers de serendi^e, sous peine de vouera la mort des êtres qui leur étaient chers. C'est ainsi qu'il s'empara notamment d'Ascoli. Ancône ne tarda pas à lui payer tribut^. Le 3 janvier, il entra triomphalement dans Fermo ^ .
Après la Marche, le saint-siège était en passe de perdre la Romagne. Forli venait de s'y révolter contre un gouverneur dont la main sendîle avoir été rude '^, ce même Thomas Tomasini, évêque de Traù, dont Eugène IV avait eu un moment la pensée
J. FL Biondo, p. 476; Crun. del Graziani, p. 377.
2. Le 29 décembre 1 i33 (L. Marlorelli, Memorie hisloriche delV antichissima e nohile città d'Osimo, Venise, 1703, in-4", p. 253).
3. J. Simoneta (Miiratori, XXI, 225); Buonincontro {ibid., coL 140).
4. .1. Simoneta, loc. cit. ; cf. Vita Fr. Sfcrtiie (Murât., XX, 1031). 3. G. Benadducci, Delta sitf noria diFr. Sforza netla Marca, p. 24.
6. Cf. une déposition d'Antoine de Padoue, chanoine de Venise : a Dixit quod dominus episcopus Traorensis erat locumlenens ipsius Pape in Forlivio, et ibi plures faciebat torqueri et maie tractari, et unum lecit decapitari. Quare scripsit Pape, cum maie fecisset, ut secimi dispensaret super irref;ularitate. Ctii dominus Eugenius respondil eidem, neduni de illo. sed de aliis ita faceret. Et ita dominus episcopus Urljinensis sibi, testi loquenti, dixit in Basilea. » Bibl. nat., ms. lat. 1511, fol. 136 V.j
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de faire un des présidents du concile '. Arrêté, menacé de mort, all'ublé d'un costume ^n-otesque, souflleté, insulté de la façon la plus ji^rossière, le prélat finit par j^ag-ner Havenne, où il put échanger ses doléances avec Vitelleschi. Pendant ce temps, Forli se donnait à Antoine Ordelaffi, qui avait eu soin d'appeler les troupes milanaises '-.
En Ombrie, c'est François Sforza qui maintenant débouchait à la tête d'une armée grossie par la renommée de ses faciles conquêtes. Et aussitôt Todi ouvrait ses portes ^ ; Nocera était enlevée, le siège mis autour de sa citadelle. Plus près de Rome encore, Sforza s'emparait d'Amelia et de San Gemini. S'attaquant enfin au Patrimoine, il acquérait, grâce à la trahison du gouverneur (encore un homme de Hecanati), l'imprenable place de Soriano. Puis c'était au tour de Magliano, de Gastiglione in Teverina, d'Otricoli, etc., en dernier lieu, de Toscanella (25 février) '*.
N'oublions pas que Fortebraccio, maître de la plus grandepartie de la Campanie et de la Maritime, continuait d'étendre ses dévastations jusqu'aux portes de Rome. Dans le Patrimoine, il s'était emparé récemment de Montefiascone ; il menaçait tantôt Rieti et tantôt Orvieto. Les malheureux Romains, dépouillés de leurs troupeaux, astreints à monter la garde, avaient, en outre, la lourde charge de l'entretien des troupes papales, notamment de celles d'Attendolo, dont ils constataient l'inutilité '"*.