Hallcp. III. 2i
3. \'. la lottie de remerciemenls adressée, le 30 août, par Eugène au concile ms. lOs* de Douai, fol. 388 r" : .Impti.s.s. cnllecl.. Ylll, 73(5: Thés. nov. anecd.,
n', 371, ; cf. Concil. Basil., V. 103.
5. Paolo diLiello Pétrone, Afesticanza (Mural.. XXIV, 1105;; cf. Sanudo (tibid., XXni.1037).
5. A. Traversari. lettres des Set 12 septembre 1434 {Epistolœ, col. Ils. 120); Hodii'jioricon, p. 69.
«i. Pieiredal Monte (-tait retourné à Florence et en avait lapporté des pouvoirs datés du 25 septembre Rinaldi, IX. 173j.
7. .Vvant le lâ oclnbre 'Paolo di LicUo Pétrone, lue. cit. . A Zanelli. Pielro del Monte Arch. slor. lomhardo. 19(»7. p. 333 .Cf. des lettres écrites, le 26 novembre.
mit fin à leur mission conciliatrice. Les gens de Bàlc ne fmvnt pour rien dans l'heureux dénouement qui ne devait plus longtemps se faire attendre.
Dans la plupart des rébellions dont Rome fut le théâtre, il arrive un moment où le peuple allranchi se prend à regretter ses chaînes : cinq mois à peine suffirent, en 1134, à produire cette évolution i. La république était condamnée à vivre en contact perpétuel avec la garnison hostile du Chàteau-Saint-Ange ; Fortebraccio, à qui elle avait eu recours, empocha son argent, mais, après un séjour de trois semaines au Vatican, repartit sans l'avoir débarrassée de cet ennuyeux voisinage -. D'autre part, l'anarchie engendrait la discorde; les Orsini et les Colonna, plus ennemis que jamais, se partageaient les quartiers de Rome. Un complot se forma pour renverser le gouvernement. Les chefs, découverts le 15 octobre, furent arrêtés ou prirent la fuite. 11 était temps : une forte troupe, commandée par Orsino Orsini, pénétrait dans le Borgo le lendemain, donnait la main aux défenseurs du Château-Saint-Ange, tentait d'enlever la barricade du pont et ne se retirait, au bout de quatre jours, qu'après avoir razzié le bétail du Trastévère. Elle reparut le 25 octobre, mais grossie des renforts que lui avait amenés Sforza et accompagnée de deux commissaires dont l'un n'est autre que Yitelleschi. C'étaient bien 2.000 hommes, tant fantassins que cavaliers, qui campaient dans le Borgo, enlevaient la tour du Ponte Molle et cherchaient déjà à s'emparer des portes du Trastévère. Elles leur furent livrées le 27 3. Aussitôt le peuple se souleva, et de quartier en quartier se propagea le cri de « Vive l'Eglise! » Balthazar d'Offida marcha sur le Capitole,
par le podestat de Vérone à Baptiste Bevilacqua et à Laurent de Médicis pour obtenir la libération de Pierre dal Monte (G. defjli Agostini, yotizie istorico-criticheinlornn t;t vitn e h opère derfli scriltnri VinizinnL Venise, 1752. in-4", I, 353).
1. Cf. Paolo di Liello Pétrone, col. 1107 : « E vcdendo i cittadini essere molto pin malaniente governati per loro medesinii clie non erano dal Papa... »
2. Paolo di Liello Pétrone, col. 1105 ;N. délia Tuccia, p. 145; J. Simoneta, col. 233.
3. El non le 20, comme le veut Paolo dello Mastro. Dès le 28, la «onvelle en était parvenue à Viterbe, comme en témoigne N. délia Tuccia.
FIN in: LA HKVÙLTK ROMAINE
délivra le cardinal-camerlinj^^Uf, qui lit. à son tour, relâcher les prisonniers du Chàteaii-Saint-Anj^e. Les Colonna prirent la fuite. A minuit, le même jour, sans ellusion de sang, toute la ville était rentrée sous la domination du saint-siège '.
Le concile, en apprenant ce dénouement pacifique, voulut bien témoigner sa satisfaction : il y eut à Bàle des sonneries de cloches, des feux de joie, une messe d'actions de grâces et une procession -. Il est vrai qu'en même temps les pères montrèrent une sollicitude singulière pour la famille Colonna. dont un membre, le jeune cardinal Prosper, s'était réfugié parmi eux '. Ils prirent les biens des trois frères sous leur protection et envoyèrent un messager spécial à Gentile Orsini pour le supplier de procurer au cardinal et aux deux barons compromis dans la récente révolte la paix et la sécurité, dont l'un au moins était peu digne ^.
Quant aux cardinaux Albergati et Cervantes, dont l'envoi avait été décidé au mois de juillet, partis seulement au mois de
1. Concil. Basil.. V. p. 411 ; Paolo di LioUo Pétrone, col. 1106, 1107: Infessura, p. M : Paolo dcllo Mastro. p. 84 ; N. délia Tuccia, p. 146 ; J. Simoneta, col. 234. Cf. Flavio Biondo, déc. III, lib. vi, p. 489, 490; Cronica del Graziani, p. 3S8. — La Chambre apostolique alloua, le \" novembre, ime f^i-atification de 100 florins « Uossetto, caballario, quando portavit nova liberationis domini Camerarii et Urbis reducte ad devotionem Ecclesie <> Arch. du Vat., Intr. et exil., 398, fol. 70 r"!. — Dès le 5 août précédent, l'évêque d'Aquino, Luc Alberini, qui résidait à Rome, avait reçu du pape pouvoir de déclarer non atteints par lexcommunication ceux des Romains qui n'avaii-nf trempé ni dans la rébellion, ni dans l'arrestation du camerlinfîue, et d'absoudre ceux qui s'engafreaient à ne plus avoir aucun commerce avec les excommuniés Arcli. du Vat., Recf. 359, fol. 234 r°). Le même prélat de\iiit absoudi-e les coupables repentants et tâcher de les amener à rendre la liberté au camerlinjcue (i/;ài., fol. 278 v°j. Plus tard, le 27 février 1435, Etienne Aliolti, évêque de Volterre, vicaire général à Rome au spirituel, eut ordre d'absoudre ceux ([ui auraient i-estitué des objets appartenant au pape et dérobés, lors de sa fuite, dans le palais apostolique [Heij. 373, fol. 129 r").
2. Concil. iiasil.. III. 252: V. 109: .Monuni. Concil., II, 769.
3. V. une démarche faite par le cardinal Colonna auprès de la députalion des Affaires mixtes le 9 décembre 1433 .1. Ilaller, III. 53i) et des lettres écrites par le concile en sa faveur aux habitants de \'elleti"i et à \'irj;inio Orsini. le 17 décembre 1 «33 et le 16 janvier 1531 A. Horgia. Isl. delta chiesa e cilla di Vellelri, Nocera. 1723, in-4'', p. 360; Gregorovius, VII, 47).
l. Lettre du 17 décembre 1 13 i L. Pastor, Ungedruckle .\kten. p. 25\ J. Haller, III, 273.
3G2 LA TUftVE RNTRK Mî PAPE ET l.K (O.NCIl.i:
septembre ' et fêtés au passage par le duc de Milan -, ils ne parvinrent à Florence que le 10 décembre '■^. Eugène IV avait fait savoir qu'il consentait à ce que les tenvs usurpées fussent remises entre leurs mains' : au fond, bien qu'il n'eût aucun sujet de méfiance contre Albergati, il ne voyait pas sans déplaisir l'intervention de deux lég-ats qu'on disait déjà envoyés de Bàle pour lui servir de coadjuteurs et suppléer à son insuffisance . Cette tentative de médiation échoua, au moins pour commencer, et, le 11 mai 1435, les deux cardinaux adressèrent au concile une lettre découragée •'.
Au milieu des angoisses que lui faisaient traverser les guerres et la révolution, Eugène l\, qui avait renoncé, comme on se rappelle, à continuer la lutte de principes si longtemps soutenue contre le concile, cherchait du moins à se persuader que ses sacrifices avaient porté leur fruit : il voulait croire à l'établissement d'une harmonie parfaite entre lui et les pères. Jeter un voile sur le passé, oublier, dans la joie de la réconciliation, les querelles et les injures, arriver même à s'imaginer qu'on ne s'est tant disputé que faute de se bien entendre, et tourner la pensée des pères vers l'avenir, vers les réformes à opérer, vers la paix à réaliser, toutes questions neuves qu'on peut vider sans ran-
J. Concil. Basil., V, 103.
•2. Monum. Concil., II, 762; Cron. di Bologna, col. 652; cf. Monstrelel, V, 84.
3. Isturie di Firenze (Murât., XIX, 977). Jean de Ségrovie (p. 763) fixe cette arrivée au 8 novembre; mais sa chronologie est fort sujette à caution : il donne comme obtenue du pape par les deux cardinaux-légats une lettre dû 15 novembre certainement antérieure à leur arrivée à Florence. La seule démarche qu'Eug:ène IV mentionne, en elfet, dans cette lettre est celle de Simon Fréron, qui, d'après Jean deSégovie(p. 762), remonte au mois doctobre.
4. Déclaration faite, le 17 septembre, à Bàle par J. Berardi (J. Haller. III, 204).
5. Cronica di Bologna, col. 652 ; Ampliss. collecl., VIII, 811. — Eugène IV, à ce moment, décidait Albergati à se rendre en France comme légat pour prendre part au congrès d'Arras. Le pape, écrivaient les deux cardinaux, n'avait pas approuvé que lun deux s'occupât de la restitution des terres de l'Église : il comptait sur d'autres moyens pour parvenir au même résultat.
KFFORTS CO.NCILIATEIRS Dr PAPE 3G3
cune ni aigreur, telle est pour le moment la politique du pape ; tel est le secret des eifusions dont il remplit une lettre adressée MU concile le 23 juin 1434, le jour même où, après tant de tribulations, il parvenait à Florence. En vérité, il ne reste plus dans son esprit aucun nuage : avec une entière sérénité, il exprime le désir de chérir les pères, de s'attacher à eux par les liens d une douce et sainte charité. Au fond, leur dissentiment né portait que sur le lieu où devait se célébrer le concile; mais, comme eux, il voulait la paix, comme eux, il souhaitait la réforme. Maintenant qu'il a cédé, et cédé dans les termes qu'eux-mêmes avaient choisis, il désire que leurs sentiments correspondent aux siens, que le saintsiège puisse compter sur leur dévouement, sur leur fidélité. Il a nième des raisons de croire que ce \œ\x est près de se réaliser, caries pères se sont réjouis de la tin du conflit, et l'union règne entre eux et les présidents. Le moment est donc venu d'opérer la réforme. Depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la ■ tête, il n"v a dans le corps de l'Eglise aucune partie saine. Il faut se mettre à 1 œuvre, ne pas s'attarder à des discussions oiseuses. Le concours du pape est assuré '.
En même temps durent être écrites deux autres lettres, fort semblables, adressées par Eugène à Gesarini et aux autres cardinaux présents à Bàle ~. Même expression d'un contentement exempt d'arrière-pensée ; même tendance àniertout dissentiment sur le fond des choses ; mêmes protestations de dévouement et d'amitié ; même exhortation à ne plus s'occuper que d'union et de réforme. Gesarini est peut-être l'homme qu'Eugène a le plus aimé ; qu'il n'ait point d'inquiétude au sujet de sa pension ! Xi lui, ni les siens ne seront oubliés. Si entre le pape et les cardinaux quelque dilférend a paru s'élever, il ne faut l'attribuer
1. Rinaldi, IX. 172; Cecconi, p. i.xii, et texte plus complet) Moniiin. Concil.,
II, :ii.
2. M. Haller les date du mois de juillet, mais elles peuvent fort bien avoir été , écrites en même temps que la précédenle : la similitude de certaines phrases ternirait à le l'aire croire.
3Gi LA TRÊVE ENTRE LE PAPE ET LE CONCILE
qu'à la malice des temps. Désormais il n'y aura plus qu'un père aimant, des fils dévoués, et entre eux Jésus-Christs
Dans les mêmes vues conciliantes, Eugène pensa diriger vers Bâle une ambassade florentine '-. Il constitua cinq de ses présidents et le doge de Venise arbitres des diiTérends qui subsistaient encore entre lui et certains membres du concile, notamment les cardinaux, donnant à ces arbitres plein pouvoir pour conclure des accommodements, faire des promesses, offrir des garanties : si certains cardinaux, comme il l'avait appris, plutôt que de réintégrer sa cour, préféraient se retirer dans les pays où ils possédaient des bénéfices, il y consentait et s'engageait à ne point leur en vouloir •^.
Dans ces diverses lettres, on remarque l'absence de toute allusion aux droits et devoirs réciproques du concile et du pape qui avaient fait, en réalité, l'objet principal du débat. Eugène feint d'ignorer jusqu'aux conditions liumiliantes imposées à ses représentants ; il ne veut pas connaître le serment d'obéissance aux décrets de Constance qu'ils ont dû prêter, à vrai dire, en leur nom personnel. Tout cela fait partie d'un passé oublié (il le souhaite du moins), et sur lequel il importe de garder le silence jusqu'au jour (qu'il espère voir peut-être) où la ^^apauté sera en état de revendiquer des droits qu'elle n'a jamais explicitement aliénés.
Malheureusement, quand il plait au vaincu d'oublier sa défaite, son vainqueur se charge assez souvent de l'en faire souvenir. Ce passé qu'Eugène IV avait hâte d'effacer, les gens de