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.'574 LA IRÊVE ENTRE LE PAI'K ET LK COiNT.lLE
de tous les maux dont gémissait l'Eglise. G est ce qu'exj)liqua la commission des Douze dans un avis communicjué au concile le ^ juin 1435. Les exactions de la cour de Rome avaient pour conséquences la ruine des églises, la multiplication des anathèmes. l'interruption du service divin. Afin de percevoir plus souvent et plus sûrement les taxes, le pape transférait sans cesse les évêques d'un siège à un autre, et, quand il s'agissait de choisir entre les candidats, considérait moins le mérite que la solvabilité des prélats. De là aussi la méfiance des souverains pontifes à l'égard des conciles, dont ils appréhendaient le blâme ; de là ces tendances profanes des vicaires de Jésus-Christ, qui, absorbés par leurs préoccupations fiscales, ne trouvaient plus le temps de lire l'Ecriture, de prier Dieu ou de pourvoir aux besoins de l'Eglise.
La satire était si violente qu'une des députations, scandalisée, crut devoir déclarer qu'elle se bornerait à discuter la conclusion des Douze en faisant abstraction des considérants qui la motivaient.
Avant le vote, deux des présidents, Jean Berardi et Pierre Donato, firent entendre une protestation véhémente, à laquelle s'empressèrent d'adhérer un grand nombre de pères : je citerai l'archevêque de Crète, les évêques de Digne, de Périgueux et d'Orléans, ce dernier ambassadeur de Charles Vil, un archidiacre anglais au nom de la province de Cantorbéry. Quel trouble n'allait-on pas jeter dans l'administration de l'Église en supprimant la principale source de revenus du saint-siège sans lui avoir, au préalable, assuré de dédommagement ! S'associer à une telle spoliation était faire œuvre d'hérétique. Au cours de la discussion orageuse qui s'ensuivit, une voix s'éleva pour dénoncer la suppression de toute liberté. Quand Berardi et Donato virent que, malgré leur opposition, Cesarini s'apprêtait à conclure dans le sens de la majorité, ils se précipitèrent vers la sortie, accompagnés de leurs partisans, mais salués en même temps par de furieuses clameurs : « A la porte, les démons qui cherchent à
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« entraver l'œuvre du Saint-Esprit ! » Ils non i-enouvelèronl pas moins leur proti'station, et spécifièrent (ju'ils invalidaient et annulaient la dC'cision future par l'autoritt' apostolique. Le seul des présidents demeuré à son poste, Cesarini, conclut, en dépit de ses collègues, à l'abolition des annales, menus et comnums services, déports, premiers fruits, droits de sceau, toutes taxes, en un mot, perdues, soit à Kome, soil ailleurs, à l'occasion des bénéfices : on se bornerait désormais au payement du salaire dû aux scriplores, abréviateurs ou rc;/isfratores de la Chancellerie. Si le pape, ce qu'à Dieu ne plaise, violait ces prescriptions, il en répondrait devant le concile. Puis une session tenue le 9 juin transforma en décret l'inexorable décision ^
A Florence, ce décret devait produire encore plus d'émotion qu'à Bàle. Le moment où le pape, expulsé de ses Etats, privé de la plupart des profits de son pouvoir temporel, devait cependant faire face à tant d'ennemis coalisés n'était guère favorable aux l'éductions budfjétaires '. Au contraire, le désir de relever ses finances ruinées avait porté Eugène à recourir, pour cette même année 1435, à une mesure exceptionnelle : nonobstant tout canon de concile provincial, toute constitution apostolique, il s'était réservé d'une manière générale les revenus entiers de la première année de chacun des archevêchés, évêchés, monastères, canonicats ou autres bénéfices auxquels il pourvoirait-^. Et c'était cet instant que choisissaient les pères pour le dépouiller de la part de beaucoup la plus considérable de ses ressources ordinaires! A la première annonce du décret qui « énervait et déshonorait » le saint-siège (ce sont ses propres expressions), il écrivit pour remercier et encourager ceux qui avaient défendu inutilement sa cause, tels que l'évèque de Nevers, Jean Germain '*. D'autre part, les
1. Monum. 0>n(/7., 11,797, 799, 800 : Concil. linsil.. III. i08, 113,618 ; V, 134, 135.