V. plus haut, l'Introduction
.3. Jean de Uaî,'usc, p. 21,30.
4. Par exemple, le vœu que des savants se consacrent à la conversion des Grecs, que le saint-siège continue de s'entremellre entre la France et r.\nj;leterre : le conseil d'en finir, par l'entremise d".\lphonsc V, avec le schisme de Peniscola et d'agir contre les Fraticelles. Il y avait, paraît-il. dans une contrée peu éloignée de Sienne, un hérétique de cette secte, qui s'intitulait pape et s'entourait de prétendus cardinaux. Ilel'ele Histoire des Conciles, XI, 137) a eu le tort de le confondre avec Gilles Munoz. Martin V avait pris déjà, en 1118, et prit encore, par la suite, en 1 121, 1 126, 1 127, 1 128, des mesures sévères contre les Fraticelles (Uinaldi VIII, 188; IX, 5, 41, (55; C. Enbel, Biillnrium Fninciscamim, VII, 680,701). La " nation française » réclamait encore l'annulation des privilèges octroyés, disait-elle, au détriment de la foi, à des pa'icns et à des Juifs. Thomas de Paisley. dans sou appel, reviendra sur ce dernier grief Moniim. Concil., I, 55, 58).
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garderait d'y dérogiT i-l ri-iiuiKerait à leinploi dv la l'orniule commode: non obslanle conalilulionc generuli. Limitée ainsi i)ar les canons, la puissance apostolique le serait aussi par le contrôle du sacré collège : il y avait toute une catégorie d'actes, tels que les nominations de gouverneurs ', que les papes ne pourraient accomplir sans le consentement des cardinaux. Ceux-ci, d'ailleurs, devaient être choisis par le souverain pontife, non seulement dans les diverses nations, — ce que Martin V avait promis -'. — mais sur une liste de candidats dressée par les nations elles-mêmes, lùisuite venait une série de mesures qui eussent tari à sa source même le principal revenu du saint-siège: le pape était invité à ne plus frapper le clergé de taxes ', sa seule ressource devant être désormais de lever impôt sur les sujets laïques des Etats de l'Eglise ; encore fallait-il que cette levée fût approuvée des cardinaux et justifiée par une circonstance exceptionnelle. Chez eux, les Français réclamaient le retour pur et simple à ce qu'onappelait les « libertés de l'Église de France ». Ainsi plus d'annates ni de " communs et menus services '• », plus de provisions apostoliques s'exerçanl au détriment des élus ou en violation du droit des collateurs ordinaires ! Plus de commende. plus de dispense pour le cumul de deux bénéfices
1. D'autres actes étaient formellement interdits aux papes, par exemple, l'aliénation de terres ou de châteaux appartenant soit à l'Ef^'lise lomaine, soit à des éfîlises particulières. Martin \' devait révoquer toute mesure semblable préalablement consentie.
2. V, son projet de réforme et les divers concordats passés en 1 ilK M. Iliibler, p. 128, Iti6, 195, 208j. Les Français insistent pour (pie chaque création nouvelle de cardinal tende à établir dans le sacré collèf^e la représentation proportionnelle des nations Moniiin. ConciL. I, 3î .
3. Et aussi à ne plus autoriser les laïques à le faire et à révoquer les permissions semblables déjà données.
i. Les Français admettaient pouilaiil ([u'on empêchât la \ioleiicc de s exercer, comme c'était l'habitude, dans les élections. Ils toléraient l'usaj^e des expectatives durant les premiers jours de chacpie pontificat ou à l'occasion delà vciuie de (iuelt|ue ^rand prince. Ils voulaient bien que les collateurs ordinaires fussent oblifîés. à peine de déchéance, de faire, dans une mesure exactement déterminée, la i)ai-t des universitaires et celle des familiers de princ-s. de papes on de cardinaux.
incompatibles ou de trois bénéfices quelconques! Puis, comme si ces projets n'étaient pas, par eux-mêmes, assez propres à épouvanter la curie, la *» nation française » annonçait, au sujet du «chef» de l'Eglise, tout un nouveau programme de réformes qu'elle n'avait pas encore eu, disait-elle, le loisir d'élaborer '.
Donc amoindrissement, non seulement des ressources, mais aussi de l'autorité du saint-siège : Martin V ne devait pas facilement admettre que ce fût là un progrès utile à réaliser. On conçoit l'eirarement des légats quand leur fut présenté, après communication aux autres « nations », le programme de la « nation « française ». A partir de ce jour, suivant Jean de Raguse, ils ne songèrent plus qu'à ménager la dissolution du concile 2.
D'autres circonstances encore purent augmenter leur inquiétude, leur faire considérer, à tort ou à raison, la position comme intenable et les amener à prendre, d'accord avec le pape, la résolution d'en finir.
De tous les princes, le plus à redouter pour Martin V était sûrement celui qui, en laissant élire dans ses états un nouvel antipape'^, venait, une fois de plus, de contribuer à la prolongation du schisme. Alphonse V d'Aragon, le chevalier superbe, le souverain magnanime, ne gardait plus aucune mesure depuis qu'il se voyait à la veille d'être évincé du royaume de Naples par le jeune Louis 111 d'Anjou, protégé du saint-siège^. De sa perfidie, égale à sa générosité, le pape avait désormais tout à craindre, surtout s'il ne parvenait pas à soustraire le concile aux influences aragonaises.
Or, dès le 28 août, Alphonse avait, de Naples, adressé aux Siennois une lettre insidieuse. Il prétendait savoir que des enne-