Cf. Pérouse. p. 2.S et sui
2. Ou admet généralement que Louis Aleman cessa d'être vice-camcricr du jour où il fut envoyé comme légat en Romagne. Ces fonctions paraissent, en elTet, remplies, à la lin du ponlilical de Martin V. par Benoît de'Guidalotti et. dès 1 avènement d'Kugènc IV, par Pierre .Vssalbit. évéque d'.Vlet du lî au 22 mars 1 i:il , puis à partir du 30 mars par Piancois Condolmario Gottlob, .lus der Cameni .ij)()slolica des l.î. Jiihrhunderls. Innsbruck, 1889, in-8", p. 268; G. Pérouse. p. 16. Il faut hicii pourlanl ((u.Memnii ait conservé ((uelque droit au gouvernement de la (".liamhre apostolique ; car. dans une bulle du 20 septembre li31, Eugène I\' explique que, dès son avènement, il a constaté une rivalité fâcheuse au sujet de lOffice de camerlingue entre le cardinal -Vlemaii et le niilaire < »don <■ de \arris .i. qu'après diverses négociations, il a chargé le cardinal de Rochetaillée de demander aux deux rivaux leur démission, au besoin de les destituer et de leur nommer un successeur: tous deux s'étanl exécutés de bonne grâce, il nomme son neveu, François Condolmario, régent de la Chambre apostoli(|iie .\rcli. du Vat., /fer/. 'iTO. fol . 10 r" .
3. Jean de Ségovie ,Moiium. ConciL. II. 75, 3S() : 111, 192).
On voit ce qu'il faut penser, dans cette circonstance, de Tunanimité du sacré collège '.
Au surplus, l'opposition toute canonique de Cervantes était un symptôme alarmant. Elle ne se fût pas produite sans doute sous Martin V. On se rappelle le peu de cas que le feu pape avait fait d'une protestation analog-ue '^, et à combien de reprises il avait aflirmé son droit de dissoudre ou de transférer les conciles généraux.
Eugène IV, à cet égard, ne pensait pas autrement que son prédécesseur. C'était Martin V qui, par sa bulle du l""'' février, avait investi le légat du droit de dissoudre le concile de Hâle : Eugène IV, par sa bulle du 12 novembre, ne faisait qu'induire Cesarini à user de cette faculté.
Pour lui, comme pour Martin V, il n'y avait rien là d'incompatible avec l'application du décret Freq liens. Sept ans après le concile de Sienne, on avait tenu le concile de Bâle. Dix ans après le concile de Bàle, on tiendrait celui d'Avignon. Et pour écarter l'objection que ces assemblées étaientdes leurres, puisque le saint-siège les dispersait avant qu'elles eussent rien pu faire, on annonçait l'ouverture imminente à Bologne d'un concile complémentaire et la ferme intention d'y réparer le temps perdu.
Qu'on déplore donc, si l'on veut, les conséquences fatales de la décision du 12 novembre ; mais qu'on cesse de la considérer comme le coup de tête irraisonné d'un pape à courte vue, dominé par la peur des discussions et des réformes.
Il n'est même pas besoin de supposer chez Eugène, à cette date de novembre, des sentiments hostiles k l'égard d'un synode où pas une parole n'avait été encore prononcée, pas une motion mise en avant (il le croyait du moins) qui pût lui porter ombrage '^.
1. Le concile de lîàle, plus tard, loua la fermeté manifestée dans cette circonstance, non seulement par Cesarini, Capranica, Branda de Castiglione et Aleman, mais aussi par Rochetaillée et par Gorrer [Moniun. Cuncil., III, 313).