‹ La crise religieuse en AngleterreChapitre 8 sur 30 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE MOUVEMENT d'oXFORD. TENDANCE A

BEYENIR A l'uNITÉ CATHOLIQUE.

Parmi les résultats vraiment prodigieux dont nous venons de parler, le plus étonnant de tous est le mouvement d'Oxford. Ce mouvement constitue un fait unique dans l'histoire, et ceux mômes qui l'envisagent avec le moins d'enthousiasme et qui se montrent les moins disposés à en exagérer la portée, sont obligés de convenir qu'il est ce un des phénomènes religieux les plus extraordinaires que le monde ait jamais vus (1). »

(i) « The tractarian inovement was one of ihe most remarkable religions phenomena which the world bas seen. » —

Quel phénomène en effet que celui-là!

Voilà que tout d'un coup des hommes émiiients par leur intelligence, leur science, Télévation de leur caractère, et par leur position dans rÉglise anglicane, se sentent portés, sans qu'ils sachent d'où leur vient cette inspiration, à étudier eux-mêmes et à faire connaître aux autres l'Eglise des premiers siècles et du moyen âge, et à publier sous le titre de Traités pour le temps présent, Tracts for the times, une série d'extraits des Pères de l'Eglise sur les points principaux de la doctrine révélée (1). Leur but n'est point de rapprocher les esprits

Dublin Rcview, october 1894. The conversion 0/ England, hy Sydney H. Little, p. 368.

(i) « A séries of pamphlets embracing a wide range of subjects was piiblished eiititled ; Tracts for the times em^ bracing subjects as the following : — The institution of theChurch — the aiithority of its ministers — the ordinances, and specially the sacraments of the Church — réfutation of the errors of Romanism and direction how to oppose it. » — Annals of the tractarian movement ^ by Ed. G. P. Brown, 3« édit., p. 4».

de l'Eglise catholique ; c'est au contraire de les en éloigner en leur montrant combien elle s'écarte de la primitive Église. Ils reconnaissent bien que l'Eglise anglicane s'en éloigne aussi, et ils se proposent de l'y ramener. Mais peu à peu il arrive à plusieurs d'entrevoir d'abord, puis de voir clairement que cette Église primitive, cette Église du moyen âge, qu'ils travaillent à faire revivre, c'est l'Église catholique elle-même. C'est là qu'à leur insu, au milieu de bien des ombres et à travers mille détours, la grâce de Dieu les conduisait.

Un grand nombre ne vont pas jusque-là.

Mais parmi ceux qui, par un mystère insondable, s'arrêtent en chemin, beaucoup se sentent inclinés vers Rome. Ils sont travaillés par un désir nouveau , un désir qui semblait ne pouvoir entrer dans une âme de protestant, surtout de protestait anglais, le désir de voir l'Eglise anglicane se réunir à l'Église catholique romaine.

(( Dans ces derniers temps, on a vu germer dans l'Église anglicane la conscience que le protestantisme ne peut être sa nature et son essence, mais une simple attitude qui lui a été imposée par une nécessité prétendue et passagère. Il est maintenant reconnu par ceux de ses membres qui sont des esprits calmes et des âmes droites que rÉglise d'Angleterre n'est rien, à moins d'être catholique, et qu'à moins d'être d'accord quant à la substance avec le monde chrétien en ce qui touche à la foi, elle ne peut être catholique. Cette conviction a pénétré dans les esprits les plus éminents et les natures les plus élevées du clergé anglican (1). »

(i) « Laslly Ihere lias spriiig up in the anglican Churcli a consciousness ihat protestantism cannot be the essence of ils nature, but a mère attitude of supposée! and transieiit necessity. It bas become now the acknowledgment of calm and good men amongst thein ^ that unless the Church ol: England be catholic, it is nothing; and that unless it be in substantial agreement of faith with the

« La tendance ascendante de la foi, de la piété et de la charité parmi les anglicans a donné et donne encore des espérances fondées de voir la multitude revenir à Tunique Vérité (1). »

ce II n'y eut jamais depuis la Réforme — et c'est là un point qui ne fait Tobjet d'aucun doute — il n y eut jamais depuis la Réforme un moment où les sectes d'Angleterre se soient senties plus portées vers l'Eglise établie, et où l'Eglise établie ait éprouvé une plus grande inclination à se rapprocher de l'Église catholique. Telle est à l'heure actuelle la gravitation des esprits. La polarité de l'Angleterre a été changée. Les ruisseaux qui coulaient du côté du nord

Christian world, it caniiot be calholic. This is found pervading the higlier miiids and natures ofthe anglican clergy. » Mannihg, En gland and Christendoni, Introduction,

p. XLII.

(i) « The upward tendency of faith^ pi^ty, and charity among anglicans gave and gives ground to hope for the return of multitude to the only Trutli. » Ibid,^ p. lxxxiii.

coulent maintenant du côté du midi (1). »

C'est là (( un mouvement surnaturel, a supernatural movement {2). »

(i) « Il is iiudoubted ihat ihere was never a momenl silice the Refbrmalion when the dissentersof England were more inclined towards the establishment^ nor the anglican body more inclined towards the Calliolic Church. Such is the gravitation of men^s minds. The polarity of England hâve been changed. The rivers which once flowed nortbward now run to the south. » Manning, England and Christendom. Introduction, p. cii.

(2) Ibid.y p. LxvF.

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