LA CRISE ET L URGENCE DES REFORMES
IMHJSTKIF.S
Textile . . .
Alimentaire .
l']lt'v;i^^' . .
Bois ....
Papier . . .
l'i'odiiils riiiiiii Céramique Mt'tallurii,ie .
Divers . . ,
jues.
Totaux
> ii
iG.i.'i
il, 7
iio-}.
102,9 f\'i . 5 jg.G 82,6
3io.6
ou une augmentation annuelle nioyonue pour
1878-1887 de 26,1
1888-1892 de .11.6
1893-1897 (le 161,2
C'est donc sous radniinistration de M. \\ ittc que le développement de lindustrie russe a atteint son point cidininant. Ce saut prodigieux pour arriver au dernier chiflre de 161 millions, quatre lois l'augmentation annuelle moyenne des dix années précédentes, n'a pas pu s'accomplir par les seuls efï'orts des capitalistes russes. Pour y arriver M. Witte a eu recours h des capitaux étrangers. Un écrivain russe, M. Ole, dans un livre détruit par la censure, nous montre quelle a été l'augmentation de la participation des capitalistes étrangers dans les entreprises russes.
Capitaux étrangers fournis annuellement :
Roubles.
Dans l'espace de quarante-quatre années, de i85i h 1894, l'ensemble des capitaux étrangers fournis (^9 t. 230.000) n'a pas égalé les totaux de chacune des deux dernières années igoS-
34o CRISE RUSSE
Il y a des gens qui caressaient l'espoir que les capitaux étrangers amèneraient le régime delà concurrence européenne et abaisseraient ainsi le prix des marchandises au profit du consommateur russe, tout en habituant, petit h petit, le capitaliste russe à se contenter de profits plus raisonnables. Mais les capitalistes étrangers avaient été attirés en Russie par l'espoir de profiter de taux élevés, et ils s'adaptèrent merveilleusement aux conditions de la protection russe, garantie par un tarif prohibitif. Outre les droits qu'il payait déjà sur les marchandises importées (près du triple de ce qu'il payait avant le début de la dernière phase prolectrice, environ i3 p. lao ad valorem avant i8j6, et environ 34 p- loo depuis le tarif de 1891, près de ijo millions en espèces) le consommateur russe avait maintenant à payer les dividendes des nouvelles entreprises. Par exemple, les dépenses des industries du coton dépassent d'environ 1 23 millions de roubles par an ce que ces industries auraient coûté sans la protection ; ce qui fait une augmentation de 9.8,5 p. 100. Dans une autre industrie qui a attiré particulièrement les capitaux étrangers, la métallurgie, où le rendement devait couvrir les commandes directes de l'Etat, les dividendes n'ont pas été de moins de 4o P- 100. Pour soutenir les nouvelles entreprises de cette spécialité, on a construit des chemins de fer de l'Etat sur une grande échelle. Là encore, c est le peuple qui a payé, et celte fois sous forme d'impositions plus élevées. Le ministre des finances prétendait qu' « il ne faut pas se laisser entraver par une difficulté financière temporaire de la population, car elle serait amplement compensée par l'accroissement respectif des moyens pour augmenter et développer ses ressources ». Celte phrase ferait peut-être bonne figure dans un manuel d'économie politique ; malheureusement, elle figurait dans un rapport au tsar et servait à couvrir la faillite trop évidente de tout le système.
A la même époque, vers 1899, le « pouvoir payeur et acheteur >\ de la population était tellement épuisé que les industries protégées elles-mêmes commençaient à souffrir. C'était la crise. L'industrie se trouvait en face d'un surplus de production (relatif); même les commandes de rails et de matériel de chemins de 1er pour le compte du gouvernement ne pouvaient