‹ La crise russeChapitre 47 sur 57 · L\ CRISK ET L URGENCE DES REFORMES '.>.)Ç · texte numérisé non relu

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moyen le plus court, fjui consiste à se ranfrer du côté du plus fort, lequel n'est pas toujours le patron. O qui lait cju'aucun des adversaires n'est satisfait de rintervention trop brutale de l'autorité, intervention toujours violente et trop souvent prématurée. Comme résultat indiscutable, la grève, de lutte professionnelle, devient ininiédiatement une démonstration politique, avant nirme (juo les ouvriers aient le temps de s'en apercevoii'.

Ils commencent généralement ii protester contre le patron et finissent invariablement par protester contre l'autocratie et très souvent, le patron lui-même, dans le fond de son cœur, se sent tout disposé ix se joindre h eux. Il y eut encore un autre point sur lequel le marxisme orthodoxe se trouva en désaccord avec la génération de 1890, etoùila également été victorieux. Ce fut à l'époque où le mouvement allemand, pour une « revision » de la théorie marxiste, se fit connaître en Russie. Ce mouvement, qui attirait quelques grands penseurs, a inauguré une phase de « critique » de la théorie marxiste. Or le révisionnisme, selon les théories de Bernstein, se trouvait être très différent en Russie de ce qu'il était en Allemagne. En Allemagne, comme nous l'avons déjà vu, les social-démocrates, ayant remporté de grandes victoires parlementaires, formaient un puissant parti politique. Le révisionnisme correspondait donc psychologiquement à une certaine tendance (si souvent dénoncée par la gauche du parti, et cependant croissante) de faire adapter la doctrine révolutionnaire de Marx aux conditions d'une lutte parlementaire pacifique.

En Russie, au contraire, ces raisons de modération n'existaient pas. Le parti était alors en voie de formation: son rôle politique était nécessairement révolutionnaire, non pas réformateur, et tout ce qui aurait pu le pousser de la révolution vers la réforme était absolument inacceptable. Cela aurait contrarié l'idée socialiste du parti et donné accès aux éléments les plus hétérogènes. 11 était donc naturel que, en vue de sa propre dél'ense, le parti s'éloignât du « révisionnisme », quel qu'en lut d'ailleurs la valeur théorique. Le choc entre le révisionnisme et l'orthodoxie devint encore plus violent par le fait que les tendances révisionnistes s'introduisirent dans la litté-

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rature lêcjale et reçurent ainsi une grande publicité, tandis que l'orthodoxie Tut obligée de se défendre au moyen de la presse clandestine. De plus, les chefs littéraires du marxisme légal, s'étant convertis au révisionnisme, devinrent suspects de libéralisme, et quelques-uns d entre eux quittèrent bientôt leur parti pour entrer dans un autre plus modéré. Tout cela empêcha la diffusion delà théorie révisionniste et fit que la social-démocratie russe est restée intransigeante et « orthodoxe ». C'est pourquoi, dans les congrès inlernalionaux du parti social-démocrate, les délégués russes, ainsi que ceux d'autres pays plus petits et récemment convertis au socialisme, soutiennent, sans hésiter, l'orthodoxie marxiste

Jusffue-là, l'activilé des chefs, tout en s'occupant de l'élimination des courants opportunistes de l'économisme et du révisionnisme, fit des progrès rapides. Ce succès s'explique facilement par le fait que leur tendance coïncidait avec l'ensemble du mouvement et était fortement appuyée par toute la marche du révolutionnisme croissant des socialistes russes.

!Mais la tentative du groupe dominant d'assurer sa victoire et de perpétuer sa doctrine au moyen d'une complète réorganisation du parti, réorganisation basée sur le principe d'une centralisation stricte, fut moins heureuse.

Certes, la tradition surannée du « fédéralisme » avait reçu un coup sérieux du fait de la doctrine social-démocratique, qui postulait l'unité internationale des « prolétaires de tous les pays » dans leur lutte contre la bourgeoisie internationale. Mais, d'un autre côté, le fédéralisme recevait une sanction solide par le fait de l'existence de quelques puissants groupes de social-démocrates, composés principalement ou entièrement de Polonais, de Juifs, d'Arméniens et autres éléments nationaux qui combinent leurs efforts pour l'indépendance nationale et la lutte sociale. Néanmoins, une tentative d'unification de tout le parti social-démocrate de la Russie aboutit heureusement lors du second congrès du parti en 1903, malgré la protestation énergique de la « minorité » dissidente, accusée de séparatisme et de tendances fédéralistes. Quelques groupes indépendants refusèrent de se soumettre au contrôle étroit

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