I.\ Cnisn ET T. UHGF.NCK DES HKFORMES .i-J
sivc « pour comh.il.lrc lo l'ci^iiiic dcHostablo fins éeolos. Dans lo Sud, dos cordes d'c-lmliaiits ont J'ail (>ntror dans lour programme l'élude du socialisme. Plusieins de C(îsor<:çajiisalious provinciales publient des journaux : A Orella Parole de la jeunesse ; à Minsk Eu Avant ; à Xijiii la Jeunesse. On vetU maiiiteuanl fond(>r uu journal pour toule la Uussie. Souvent les éludianls oui leiui des congrès à Perm, Moscou, Rostov, Kiev, Saratov et Varsovie, pour discutei- des plans di> campagne pour l'avenir.
Un autre ni i lieu. 1 année, qui jadis était fertnée à la propagande politique, est maintenant envahie. Quelques organisations, entre autres le Bund, font une propagande systématique parmi les soldats; d'autres en lont à roccasion, et le résullat semble déjà assez grave au gouvernement pour s'en iru|uiéh,'r. La presse secrète a publié une série de a circulaires » du gouvernement russe qui montrent que des brochures révolutionnaires circulent librement dans les casernes et que les cas d'indiscipline pour motif politique deviennent de plus en plus fréquents. Dans un document oflTiciel (secret) du mois de février 1903, le succès de cette propagande est reconnu comme un fait et expliqué par le changement dans la composition de l'armée : « Autrefois, dit le document, le service militaire était bien plus long, les soldats étaient recrutés presque exclusivement parmi la population russe, et les officiers appartenaient surtout à la noblesse ; aussi il était relativement facile de maintenir la discipline. INIais à présent, avec le service militaire plus court et obligatoire, avec des soldats venant de diflférents groupes ethniques et ayant le sentiment de la dignité personnelle plus développé, avec un corps d'officiers d'origine mixte, la tache de maintenir l'ordre est beaucoup plus difficile. » Ce qui précède montre pourquoi les Cosaques seuls sont considérés comme absolument siirs et sont généralement employés pour réprimei' les désordres, tandis que certains autres régiments ont plus d'une lois montré leur aversion pour exécuter cette besogne, et f[uelf[uelois même ont refusé de tirer.
A cause de l'agitation politique toujours croissante pendant les dix dernières années, la tâche de la police d'Etat et celle de la justice sont devenues très lourdes. Pour surveiller tous les partis politiques, le gouvernement a déclaré en état de siège la plus grande partie de la Russie ^ Mais les moyens
' Voir la carte en regard de la page i3S.
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ordinaires de la police politique, introduits il v a une vingtaine d'années sous le nom de « mesures provisoires », se trouvent être insuffisants, et la police a été obligée de créer dans les provinces de nombreux centres de surveillance politique, en contact direct avec le système d espionnage central si perfectionné de Pétersbourg. Après lassassinat de M. Sipiaguine, on créa de nouvelles succursales dans vingt villes de province et l'on établit des agents spéciaux dans beaucoup d'autres endroits. Tout cela augmenta considérablement les dépenses, et le budget du ministère de l'intérieur, affecté à la police politique secrète, pourra donner une excellente idée du développement de 1 opposition. A partir de i883. le budget des fonds secrets du ministère a été de gSa.jia roubles par an. .lusqu'en iBf)^, c'est-à-dire pendant les dix années de tranquillité relative de l'opposition, ce chiffre était plus que suffisant et permettait de constituer un fonds de réserve assez important. A partir de i8f)4^ " grâce ii 1 activité croissanle des sociétés antigouvernementales ainsi qu aux tioubles créés par les "étudiants, les ouvriers et les paysans », la dépense annuelle des fonds secrets augmenta dans la mesure indiquée par le tableau ci-après. L'augmentation de la dépense obligea le ministère à puiser dans le fonds de réserve pour couvrir le déficit annuel (allant de t)2.5()6 roubles en i8y6 jusqu'à i.ic)-.i54 roubles eu iQoS). De plus, on prit ii la même source un autre million (i.i43.44^ roubles), jDour un usage non indiqué. Enfin, tout le fonds de réserve avant été employé ou volé), le ministère était obligé de demander de nouveaux crédits, au moment même oii tous les autres ministères réduisaient leurs dépenses à cause de la guerre russo-japonaise. f.cs fonds secrets furent portés de Qja.jia roubles ii ;>, millions 135.189 roubles par an.
Pour nouvelles agences dans l'intérieur
do l'Empire 33o.ooo 1.424-737
Pour même objet à l'étranger 64.000 178. 065
Pour sections contrôlées, police et corps
de gendarmerie (en dehors de leur
budget ordinaire) 170.000 454-636
Totaux 564.000 2.o58 o38
LA CRISE ET l'uRGENCE DES REFORMES 3^9
Une autre et non moins instructive indication du développement de l'opposition, c'est laugmontation des crimes politiques. Comme, à quelques exceptions près, il n'y a pas eu de procédure régulière, ni de tribunaux constitués, pour juger les crimes politiques * dans ces vingt dernières années, sont considérés criminels politiques en Russie ceux que la police juge ainsi, avec la connivence des procureurs de l'Empire. Il s'ensuit que les fonctions de procureur sont généralement considérées comme étrangères à toute idée de justice et méprisées par tous les hommes d honneur. Pour 1 Opinion publique, le crime politique n est pas un crime, et le lait d'être déclaré coupable par la police de crime politique constitue au contraire une marque de distinction, qui devient de plus en plus nécessaire h tous ceux ([ui veulent combattre pour les idées libérales.
Le nombre des personnes recevant annuellement cette marque de distinction augmente rapidement ainsi que le démontre le tableau suivant :
Etrangers expulsés de llussie.
Déportés eu Sibérie
Déportés aux coulins do la Russi( (riùirojic . . .
Déclarés sous surveillance . . .
Emprisonnés . .
Arrêtés
Totaux.
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