‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 109 sur 158 · Audiganne, loc. cit · texte numérisé non relu

Audiganne, loc. cit

5. Longepied, Comité révolutionnaire et club des duos , p. 72.

G. Cf. Balleydier, op. cit., p. 36, 07.

LA CRISE SOCIALE DE i848

à sa majorité modérée qui ne pouvait compter sur les bureaux du ministère de l’Intérieur, de créer un service de renseignements. C’est à quoi s’employa Marrast, qui usa largement des ressources que lui offrait son titre de maire de Paris. Comme tel, il ne dépendait que du Gouvernement provisoire, et se trouvait soustrait au contrôle du ministre de l’Intérieur, bien qu’en fait il cumulât ces fonctions municipales avec celles de préfet de la Seine; théoriquement, il avait sous ses ordres les polices municipale, judiciaire et politique dans tout le département; enfin, deux arrêtés, des 12 et 16 mars, l’investissaient, en l’absence du conseil municipal et du conseil général également dissous, de pouvoirs discrétionnaires en matière financière1.

Retranché dans la mairie, installé à l’Hôtel de Ville même, il devint le centre de la résistance conservatrice. Il commença par créer une police municipale à sa dévotion, également distincte et indépendante de celles de Caussidière et de Ledru-Rollin, qu’elle fut précisément chargée de surveiller; et il engagea avec ceux-ci, suivant sa propre expression2, une « guerre permanente », qui ne cessa qu’avec le Gouvernement provisoire.

Dans cette œuvre, il rencontra deux difficultés : la première était de trouver les londs nécessaires pour payer ses agents; il y fit face avec quelque argent que lui avança le National , avec 10 000 francs que Lamartine préleva sur les fonds secrets des Affaires étrangères, avec 5000 autres qu il parvint à se faire donner sur ceux de 1 Intérieur, enfin avec ses propres traitements de maire de Paris et de membre du Gouvernement, qu’il cumula, à concurrence d’une trentaine de mille francs3. L’autre difficulté était le recrutement des agents, car peu osaient se compromettre pour des chefs qui pouvaient être renversés du pouvoir le lendemain \

1. Cf. en particulier, sur ces questions, Merruau, Souvenirs de l’Hôtel de Ville , p. 5ü et suiv.

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