‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 138 sur 158 · et 3o mars · texte numérisé non relu

et 3o mars

vaient contre la prolongation du provisoire 1. Les vainqueurs de Février se rendaient compte que les élections, dans l’ensemble, leur seraient défavorables, et s’en inquiétaient2; cela commençait même à devenir leur principale préoccupation, et, plus le temps passait, plus elle devenait obsédante ; la première question posée aux candidats aux grades de la garde nationale était celle-ci : « Si l’Assemblée n’est pas républicaine, marcherez-vous contre l’Assemblée » ; mais, plutôt que de « marcher contre l’Assemblée », n’était-il pas

plus simple de ne pas la réunir?

De cette situation inquiétante pour eux, les clubistes parisiens n’hésitaient pas à faire remonter la responsabilité au gouvernement, dont la faiblesse, au lendemain d une grandiose manifestation comme celle du 17 mars, était inconcevable. C’est lui qui, issu de la révolution du 24 février, eût dû la protéger contre la réaction, et qui, au contraire, favorisait celle-ci par son inertie. « Le gouvernement n agit pas; il faut que le gouvernement agisse », tel est le thème, aussi bien de la presse populaire que des orateurs des clubs . « Vous pouvez tout, crie Cabet aux hommes de l’Hôtel de Ville 3... mais, au lieu de vous mettre franchement et courageusement à la tête de la Révolution pour la guider, vous donnez, pour ainsi dire, votre démission, comme gouvernement, pour vous réduire au petit rôle de ministres dispersés dans les palais ministériels et étouffés par les courtisans et les solliciteurs.... Vous ne faites rien, sinon des discours.... On lait rentrer des régiments, malgré la manifestation! les élections pour l’Assemblée nationale ne sont pas encore ajournées; et la contre-révolution fait de nouveau ses protestations' Cependant la misère marche à grands pas, et 1 on s en fait un grief contre la République. Dans quelques jours nous nous trouverons tous peut-être sur le radeau de la Méduse, et c’est vous qui nous y aurez conduits, vous qui

t Cf. Crémieui et Génique, La question électorale en mars 18U8 [La Reoo-

‘Uf: peuple s’attendent à de mnue.i. dépuO. et

ils3 sont d'accord pour le. /icAer par le. enétee. -, écrtea.t George S.nd son fils le ai mars ( Correspondance , t. 111, p. 10).

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