Ouvrage posthume
LA CRISE SOCIALE DE iS48
lui fit peu à peu confondre son devoir de gouvernant avec 1 exploitation du pouvoir et que, directrice unique de la société, elle se laissa peu à peu glisser à en devenir, suivant 1 expression de Tocqueville, la fermière : « Maîtresse de tout1, a écrit celui-ci, comme ne l’avait jamais été et comme ne le sera peut-être jamais aucune aristocratie, la classe moyenne, devenue le gouvernement, prit un air d industrie privée.... Elle se logea dans toutes les places, augmenta prodigieusement le nombre de celles-ci, et s habitua à vivre presqu’autant du Trésor public que de sa propre industrie — La postérité, ajoute-t-il, ne saura peutêtre jamais à quel point le gouvernement d’alors avait, sur la fin, pris les allures d’une Compagnie industrielle, où toutes les opérations se font en vue du bénéfice que les sociétaires en peuvent retirer2. »
Cet esprit de la bourgeoisie gouvernementale, qui donnait prise aux accusations passionnées de ses adversaires, comme au soupçon facile des masses déshéritées, la rendait, en outre, particulièrement inapte à trancher la question sociale qui naissait de sa prospérité même, à trouver une solution au problème que posaient les conditions nouvelles
les pièees de M. Scribe, c’est de se faire une position. Une position, voilà le but, la fin nécessaire; à cela l’on doit tout sacrifier. Le reste est folie, chimère, illusion, pur caprice d’esprits romanesques. Cet idéal bourgeois est fort goûté aujourd’hui. .. (Cité par Ch. M. des Granges La Comedie et les Mœurs sous la Restauration, et la Monarchie de Juillet , p. 'l37. Cf. son chapitre v. — Cf. également Jules Guex, Le Théâtre et Ici Société française de 1815 à 18U8.)