‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 140 sur 158 · George Sand, Souvenirs et Idées, p. i/j · texte numérisé non relu

George Sand, Souvenirs et Idées, p. i/j

!>. George Sand, Correspondance, op. cit. Elle ajoute : « Je n’en ni pas la preuve, mais cela me paraît certain maintenant ». Elle est ici l’écho de ce qui se pense et se dit autour de Ledru-Rollin, de Flocon, de Barbés.

vernement que si leur résistance rend cette mesure absolument nécessaire.

Tout autre est l’état d’esprit qui règne à la Préfecture de Police, et autour du ministre de l’Intérieur : on y discute, en effet, presque ouvertement, l’opportunité de forcer « Marrast, Garnier-Pagès, Carnot, Bethmont, enfin tous les justemilieu de la république, à se retirer du Gouvernement provisoire » *. Des hommes comme Barbés, Étienne Arago, Sobrier, préoccupés de la tournure que prennent les événements, échangent tout naturellement leurs vues sur les remèdes à y apporter, et arrivent tous à cette môme conclusion, que la seule manière de changer l’orientation du gouvernement est d’en changer le personnel 2.

Caussidière, qui est en relations constantes avec eux, est tout acquis à ces idées, et l’on peut compter, de sa part, sur une réserve bienveillante. Mais tous, en outre, et Barbés notamment, s’accordent à reconnaître qu’on ne peut rien faire sans Ledru-Rollin ; il est même le chef désigné du futur gouvernement, et son nom seul peut donner toutes garanties, d’une part contre la réaction, d’autre part contre l’anarchie. Le ministre de l’Intérieur, à vrai dire, est d’accord avec eux : les rapports qu’il reçoit de province lui font craindre des élections désastreuses; ses commissaires sont débordés, certains môme chassés ; le pays lui échappe, et il sent les chances de la réaction augmenter chaque jour. Il est d’avis aussi, toujours comme eux, que, « s’il y a un parti à prendre, il doit être pris au plus tôt », et qu’il ne faut pas attendre la réunion de l’Assemblée3. Enfin il reconnaît l’intérêt primordial qu’il y aurait à en finir avec tous les tiraillements actuels, et à donner au gouvernement <x une puissante unité ».

Aussi prête-t-il une oreille complaisante aux « impatients

i. George Snnd, Correspondance , Loc. cit.

3. « Jeudi (sans doute le 10). vers minuit, en sortant du club de la Révolution, Leroux et Barbés se rendent chez moi, sans arrière-pensée, raconte George Sand. La question est cependant soulevée, et, après un entretien de trois heures, il est décidé qu’on tentera d’en finir avec la situation et que l’on essayera d’obliger la majorité du gouvernement à donner sa démission. » ( Souvenirs et Idées , p. n.)

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