octobre
Quf.ntin-Bauchaht. — Crise sociale de 1818,
LA CRISE SOCIALE DE i848
lions propres à bouleverser le régime industriel existant b Les chefs d’entreprise, soutenus par l’autorité publique, refusèrent ou rejetèrent désormais les contrats collectifs; l’idée des comités conciliateurs fut abandonnée dans la France entièrei. 2, et l’on se rappela qu’une législation en vigueur interdisait les associations aussi bien que les coalitions3. Le mouvement syndicaliste (c’est le vrai nom qui lui convienne) avorta dans le sang des Lyonnais; désormais, sous le régime de Juillet, ceux qui chercheront des institutions protectrices de la classe laborieuse contre les excès de la concurrence, se détournant de ces organisations spontanées, où réside pourtant l’avenir, se tourneront vers l’État et rêveront de créations artificielles dont ils le feront l’instrument. Pendant ce temps, les deux classes sociales, isolées par les faits comme par les institutions politiques, marcheront vers les crises que le succès de l’effort précurseur que nous venons d’étudier eut peut-être atténuées, sinon conjurées.
i. Dès 1834, elles réclament la fixation d’un salaire minimum et d'une
durée de travail maxima, la restriction du nombre des apprentis, des versements périodiques de ceux-ci dans leur caisse, le paiement d’un droit d’entrée dans la profession, enfin l’établissement d’un tableau d’inscription dont le patron doit suivre l’ordre quand il a besoin d’ouvriers. Tels sont les exemples dangereux qu’y dénonce Frégier. (Des classes dangereuses de la population dans les grandes villes et des moyens de les rendre meilleures, i84o, t. I, p. 317.)
3. En i843, se créa, dans la typographie, un comité permanent de 9 patrons et de y ouvriers, qui fixait les tarifs et résolvait toutes les questions secondaires qui pouvaient s’élever. Il fonctionna bien, pendant quatre ans,, mais disparut ensuite sans que son exemple fût suivi ailleurs. (Du Cellier, op. cit., p. 4i3.)
3. Le nombre des condamnations pour délit, de coalitions, descendu à 4a (i3 affaireslen 1839, est remonté à 3o4 (90 affaires) en x 833 ; il atteindra 543. (i3o affaires) en i84o. ( Statistiques du ministère de la Justice ; cf. Charnieil, op. cit., p. 39.)