Op. cit., t. IV, p
deA 14 a0Ût I79f et 10 juin I7a3- 11 sufflt tiers des habi¬
tants le demande pour que les communaux soient partagés en lots égaux et tires au sort entre tous les habitants. 6 gaux
LA MONARCHIE DE JUILLET
qu’il « ne craigne pas d’augmenter sa famille1 », et qu’il se soit constitué, pendant la Révolution, une classe de paysans aisés, une bourgeoisie rurale que l’Ancien Régime n’avait pu connaître.
Après une certaine stagnation, à la fin de l’Empire, faute des bras pris par la guerre, après les invasions de 1814 et 1815, l’agriculture reprit un grand essor sous la Restauration, grâce au retour à la terre des capitaux rassurés par les tarifs protecteurs, et au progrès des études agronomiques. Si les fermiers, après une période de grande prospérité due au prix élevé du blé, souffrirent en 1819 et 1827 de l’avilissement des cours, alors que les fermages et la maind’œuvre restaient élevés, les ouvriers, par contre, profitèrent d’une hausse très rapide des salaires, due tant au développement de l’agriculture elle-même qu à celui de l’industrie qui raréfiait la population rurale, en l’attirant en partie dans les usines-. D’ailleurs, entre 1827 et 1835, les prix se relevèrent, tandis que les récoltes restaient bonnes, assurant ainsi une réelle aisance à l’ensemble de la population agricole.
Dans cette population, le nombre des petits propriétaires allait croissant : le mouvement de morcellement du sol, favorisé par le Code civil, n’atteignit son terme qu aux environs de 1830. Les bandes noires, qui achetaient en bloc les gros domaines, pour les revendre par petits lots aux paysans possédés de la passion de la terre, y jouèrent un rôle important; à ces derniers commençait, de plus, à faire concurrence la bourgeoisie des villes, enrichie par l’industrie, qui achetait, d ailleurs, de petits domaine» et non de grands. « En France, pouvait-on dire alors, les terres d’une certaine étendue n’ont pas de valeur vénale' ».
i. Rapport du préfet de la Moselle, cité par Taine, op. cit., t. VII,
' Cette hausse avait surtout été rapide entre 1789 et i8i5. Une famille qui gagnait 200 francs par an à la première de ces dates en gagnait 4oo a la seconde. Cf. sur tout ceci Louis de Romeuf, La crise agricole sous la
Restauration, p. 30 à 4o. , , . n .. .
3. État et tendance de la propriété en France , dans la Revue des Detu Mondes du 1" novembre i83ü. De Villèle constatait à la Chambre des Pairs, en 1826, que, de !8i5 à 1825, le nombre des cotes supérieures à 1 000 trancs avait diminué d’un tiers, celui des cotes supérieures à aoo trancs d un quart, et celui des cotes entre 5oo et 100 francs d’un cinquième, mais que,
Vers 1840, on pouvait estimer le nombre des propriétaires agricoles à plus de 4 millions, dont au moins 3 500 000 petits propriétaires, chefs de famille '. C’était là un puissant appui pour l’ordre social, auquel il faut ajouter la bourgeoisie des petites villes, et tout le monde des petits artisans et des petits marchands, tranquille et peu changé, que la grande industrie et surtout le commerce en grand n’avaient encore que très peu atteint2.
Restait donc la population ouvrière, employée par la grande industrie, et qui se trouvait, soit agglomérée dans des usines, croissant sans cesse en nombre et en importance, soit, forme encore la plus générale à cette époque, dispersée et travaillant à domicile, où un intermédiaire apportait l’ouvrage qu’il venait plus tard reprendre terminé3.
Aux anciens ateliers, où maître et compagnon, « le plus souvent, travaillaient côte à côte, en chantant les mêmes chansons4 », s’étaient substituées les entreprises déplus en plus vastes où le travailleur, inconnu, perdu dans la masse de ses compagnons, devenait, pour le directeur et surtout pour le capitaliste, « un agent de production, que rien ne distinguait des agents mécaniques5 ». Quitte légalement envers lui quand il l’a payé, le patron s’occupe trop rarement de sa santé, de sa famille, de ses besoins, le remplace trop souvent, en cas de maladie ou quand la vieillesse arrive, sans plus s’en préoccuper; à plus forte raison se soucie-t-il peu de sa moralité et, par exemple, de la promiscuité des sexes
par contre, le nombre de celles inférieures à :îo francs était en augmentation de plus d’un septième. Rambuteau, en avril i833, montrait avec fierté à la Chambre plus de 5 millions de chefs de famille propriétaires, représentant 22 à s5 millions de personnes.