‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 28 sur 158 · Buret, op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Buret, op. cit., t. II, p

Quentin-Bauchart. — Crise sociale de 1848.

LA CRISE SOCIALE DE i848

Ricardo, impressionnés en outre par l’exemple de 1 Angleterre, la déclarent vouée à l’abrutissement et à la misère, pour le plus grand profit de la classe possédante.

Ou’y avait-il pourtant de vrai dans ces spéculations théoriques, et quelle était réellement la situation matérielle des ouvriers, à la veille de 1848? Justifiait-elle la piediction, faite par certains observateurs, d’une invasion de ces nouveaux barbares affamés, à travers la société?

Il est indéniable, d’abord, que les conditions générales de la vie avaient été considérablement améliorées, pour l’ensemble de la nation, depuis le début du xix° siècle, et que la classe bourgeoise n’en avait pas seule profité. La consommation moyenne du froment avait augmenté depuis l’ancien régime 1 ; les famines, qui avaient encore à dix reprises désolé le xvme siècle, avaient désormais disparu; la durée moyenne de la vie était augmentée; l’accroissement rapide des impôts indirects prouvait l’enrichissement du pays et l'aisance croissante des classes modestes, qui les alimentent pour la plus grande part2. — « Il semble résulter de toutes mes recherches qu’il y a véritablemenl une amélioration dans la condition des classes ouvrières de l’industrie », déclarait Villermé, mieux renseigné que quiconque, après sa longue et sérieuse enquête, et qu’on ne saurait suspecter de partialité 3. « La classe ouvrière en France est aujourd’hui la plus aisée de l’Europe », affirmait plus tard Adolphe Blanqui, très porté, il est vrai, à l’optimisme4.

Il y a plus ; malgré les graves atteintes apportées par certaines industries à la santé de l’ouvrier, malgré la chaleur excessive de certains ateliers de tissage, malgré l’obligation de travailler presque dans l’eau imposée à certains ouvriers dans l’industrie du lin ou celle de l’impression, malgré les ophtalmies et parfois la phtisie contractées dans le battage et l’épluchage du coton, on doit reconnaître que, dans

1 En 1791, 1 hectol. 65 par tète; en 18/17, 3 Hectolitres.

2 Pour les boissons, de 85 millions en 1817 à 101 millions en 1 845 ; pour le tabac, de 4o millions à 77. (Cf. Théodore Fix, Observations sur l’état des . classes ouvrières , i84ô, p. 1 1 9— 1 30).

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