‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 29 sur 158 · Op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Op. cit., t. II, p

4. Des classes ouvrières en France pendant l'annee 2S4>S, p. 247.

LA MONARCHIE DE JUILLET

l’ensemble, les conditions hygiéniques du travail s’étaient beaucoup améliorées. Les ateliers, « vastes, bien éclairés » des filatures, ceux des tissages mécaniques où « l’on trouve à la fois l’espace et la lumière », les « très vastes salles à plafond extrêmement élevé, bien éclairées, et chaudes en toute saison » des ateliers d’impression des toiles, constituaient un progrès immense sur les pièces « presque toujours plus ou moins enfoncées en terre, humides et point aérées » des anciens ateliers à bras b Et Villermé, ici encore, conclut que la situation des ouvriers est, physiquement, « meilleure qu’elle ne l’a jamais été », et que, d’ailleurs, « les ouvriers de nos manufactures n’ont pas, à l’exception des enfants, un labeur plus pénible que les autres, que ceux surtout de l’agriculture2 ».

La conclusion de l’impartial enquêteur paraîtrait donc, dans son ensemble, plutôt optimiste, sur ce point du moins ; il ne iaut cependant pas oublier les exceptions qu’il y a luimême précédemment apportées, et tenir compte tant des maladies professionnelles proprement dites, que des inconvénients qui, sans mériter absolument ce nom, n’en causent pas moins de graves préjudices à la santé; il faut se rappeler, en outre, qu’à la période de transition qui nous occupe, les grandes usines, où l’hygiène commence à être respectée, sont encore noyées dans la masse des petits ateliers sombres, bas, malpropres, sans air et sans lumière, où, dans l’industrie cotonnière surtout, le moteur à bras continue d’épuiser l’ouvrier, obligé par la concurrence mécanique à prolonger son labeur de façon excessive3.

i. Cf. Villermé, op. cit., t. I, p. 5 à 12. — Villermé, grâce à sa compétence et à son impartialité indiscutables, que ne troublait aucune idée préconçue ou systématique, reste l’auteur le plus profitable à consulter. Nous lui emprunterons largement. Sur le même sujet des usines, Blanqui, l’économiste, membre de l’institut, frère très conservateur du célèbre révolutionnaire, écrit : « Les filatures de coton et de lin nouvellement bâties ne laissent rien à désirer sous le rapport de l’étendue, de la ventilation, du chauffage, de l’éclairage et de la propreté. Il en est qu’on pourrait comparer à de véritables palais et dans lesquels la santé de l’ouvrier, loin de souffrir d’une réclusion momentanée, se fortifie au contraire, et se remet des privations qu’il éprouve au foyer domestique ». (Op. cit., p. 2ii\.)

a. Op. cit., t. Il, p. 34ü, 35i.

Page 1