‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 32 sur 158 · Ibid., t. II, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. II, p

LA MONARCHIE DE JUILLET

celui des ouvriers proprement dits atteint 2 572 000 francs dont, pour les journaliers, 493 600 francs. On observe, d ailleurs, des dépôts beaucoup plus considérables dans les villes manufacturières que dans les autres et que dans les campagnes1. Et cependant, il faut tenir compte d’une répugnance assez vive des travailleurs de l’industrie à montrer ainsi qu’ils possèdent quelque chose. — « Si nous faisons des économies, vous trouverez que nous gagnons trop, et vous réduirez peut-être nos salaires », répondaient-ils à Cunin-Gridaine, qui rapportait ces paroles dans l’enquête de 1834.

Paris compte parmi les villes où une certaine aisance paraît régner dans la classe laborieuse : sur 300 000 ouvriers, on y compte, selon Théodore Fix2, 80 000 déposants à la Caisse d’épargne. « La majorité des travailleurs, concluait une enquête de la Chambre de Commerce en 1847-1848 3 4, est composée d’ouvriers rangés, laborieux, ayant une certaine instruction moyenne, ne manquant pas de moralité, et recevant des salaires qui, s’ils ne leur permettent pas toujours de se mettre à l’abri des conséquences de crises commerciales inattendues, leur permettent au moins de vivre d’une manière convenable. »

Quittons maintenant ces régions et ces industries plus favorisées, en retenant cependant qu’elles forment une proportion intéressante de la masse ouvrière et posons la même question en prenant pour base le salaire général moyen estimé plus haut à 2 francs, 1 franc, 0 fr. 75 et 0 fr. 45, selon les âges et les sexes. Voici la réponse qu’y fait Villermé, en prenant pour type la ville de Rouen5 : « D’après le témoignage unanime des logeurs d’ouvriers, des ouvriers euxmêmes, et de bien d’autres personnes encore, à Rouen, un artisan, quand il est seul, pourvoit amplement à tous ses

1. Cf. Théodore Fix, Observations sur l'état des classes ouvrières, 1 8 4 6 , p. 1 38 ; et Levasseur, op. cit., t. II, p. 217 et suiv.

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