Op. cit., t. Il, p. x
, A Villermé, op. cit., t. I, p. 46. — Cette situation particulièrement déplorable du Haut-Rhin était due en grande partie à l’exode vers les
LA MONARCHIE DE JUILLET
nouvelle, un phénomène particulièrement inquiétant qui paraissait donner raison au pessimisme des économistes ; le prix de la vie croissait plus rapidement que les salaires, et, par conséquent, l’ensemble des ouvriers subissait un véritable appauvrissement de fait; ce n’est qu a partir de 1840 que cette proportion se renversa, el que le renchérissement de 1 existence, plus rapide encore il est vrai qu’auparavant, se vit néanmoins dépassé de plus en plus par la hausse correspondante de la main-d’œuvre industrielle b Cependant, malgré ces statistiques et malgré l’existence de nombreuses misères, si l'on en revient à un budget ouvrier moyen du règne de Louis-Philippe, en temps normal, et si 1 on veut obtenir une formule générale susceptible de s’étendre à l’ensemble du pays, on peut conclure que « la très grande majorité des travailleurs laborieux, rangés, économes, prévoyants, peuvent s’entretenir avec leurs familles, s'ils ne peuvent faire des épargnes 2 ». Ils ne sont donc point, dans l’ensemble, réduits aux salaires de famine; mais il reste un gros point noir : ce qui frappe surtout, dans cette étude de leurs ressources, c’est leur caractère précaire;
1 ouvrier peut vivre en travaillant, mais il ne peut cesser de travailler ; il ne faut ni inconduite, même passagère, ni maladie, ni chômage. Viliermé y insiste, lorsque, parlant des bas salaires, il affirme : « Quelque faibles qu’ils soient, s’ils ne varient pas et, s’ils sont obtenus sans interruption pendant toute l’année, ils suffisent généralement à l’ouvrier, même marié, pourvu qu’il soit laborieux et qu’il ait une bonne conduite, surtout lorsqu’il peut joindre à ses gains ceux de sa femme et de ses enfants. L’important pour lui est plus encore d’avoir des salaires stables que des salaires élevés 3 ».
Le chômage, c’est là le grand ennemi de l’ouvrier, le grand pourvoyeur de la misère : en 1828, sur les 163 500 indigents
usines de beaucoup de familles rurales, ruinées par l’usure juive, prêtes à accepter n’importe quel emploi pour n’importe quel salaire, et qui s’entassaient dans d’affreux taudis ( op , cit., t. I, p. 29).
1. Cl. dans Les forces productives de la France , P. 1909, la conférence de M. Edgard Allix sur la concentration industrielle et son influence sur le sort des classes ouvrières, p. 60.