‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 46 sur 158 · Op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Op. cit., t. II, p

EXCES nu REGIME INDIVIDUALISTE

rait et si on iavorisait lus associai ions ouvrières après les avoir proscrites comme dangereuses; dans les milieux gouvernementaux on n’y songeait même pas, mais on acceptait l’idée de corriger par des lois spéciales certains abus déterminés.

Ceux-ci étaient relatifs surtout aux conditions mêmes du travail manufacturier; à ce sujet, plusieurs auteurs1 2 proposaient de se servir de la loi déjà existante sur les établissements dangereux et insalubres-, de l’étendre à toutes les manufactures, et de donner ainsi à l’Etat, qui pourrait poser des conditions à leur création, un droit de surveillance dans l’intérêt des ouvriers. Cette idée ne fut pas soumise aux Chambres, mais, par contre, celles-ci votèrent, à une très grande majorité 3 4, une loi destinée à mettre fin au malle plus criant et le plus douloureux qu’eût dénoncé Villermé : le travail excessif des enfants.

Cette loi du 22 mars 1841, qui s'appliquait seulement, d’ailleurs. aux manufactures, usines et ateliers à moteur mécanique ou à feu continu, et, d'autre part, à toutes les fabriques occupant plus de 20 ouvriers, y interdisait l’emploi d’enfants au-dessous de huit ans, limitait la durée de leur travail selon leur âge '1' et sanctionnait ses dispositions par des amendes contre les manufacturiers récalcitrants.

Cette œuvre présentait bien des lacunes : le chiffre de huit heures, maximum de travail dans certains cas, gênait les chefs d’entreprise; rien n'empêchait les enfants sortis d'une manufacture d’être employés ensuite dans une autre, ou bien de vagabonder5. De plus, la mesure n’avait point atteint « ces ateliers de famille, où l'excès du travail dépasse toute mesure, et dans lesquels les enfants, entassés, sans air et sans lumière, souffrent des maux cent fois pires que ceux des

1. Buret, loc. cit. ; Théodore Fix, op. cit.,. p. 71; Chamborant, Du paupérisme : ce qu'il était dans l' antiquité et ce qu'il est de nos jours, 1843.

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