‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 52 sur 158 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

2. Malthus et Les économistes, ou y aura-t-il toujours des pauvres ? p. i|0.

3. Cf. la discussion de ces idées par Fournière, op. cit., p. a05.

LA CRISE SOCIALE DE i848

ajoute : « Tout le génie déployé par le travail tourne à l'abrutissement du prolétariat» ».

Pour Louis Blanc, elles sont « un procédé industriel au moyen duquel les prolétaires sont forcés de s’exterminer les uns les autres 1 2 ». • — « Le temps est venu, s’écrie Pecqueur3 4, où l’opinion publique doit investir les pouvoirs représentatifs de prérogatives suffisantes pour diminuer les inconvénients de cette substitution des machines aux bras des ouvriers. » Que l’abondance et le bon marché des produits soient une contre-partie suffisante, que le développement rapide des industries doive par lui-même apporter le remède aune crise passagère, les socialistes le nient : ils n’ont point attendu Karl Marx pour appliquer ici la théorie des débouchés, et pour affirmer que l’insuffisance des salaires, en empêchant les ouvriers de pouvoir racheter la valeur de leur travail, a comme conséquence nécessaire une diminution de la consommation, et, par suite, un arrêt de la production, c’est-àdire la ruine pour les uns et le chômage pour les autres : cercle vicieux effrayant, que seule pourrait briser une organisation nouvelle du travail *.

Ajoutons enfin, pour rendre ce tableau plus noir encore, la peinture de ces crises « si fréquemment renouvelées qu’elles deviennent, on peut le dire, l’état permanent de l’industrie 5 ». Nous avons vu qu’elles constituent peut-être le mal le plus terrible qui atteigne l’ouvrier et que le chômage est le fléau qu il redoute le plus. C’est ce qu’il reproche aussi le plus à 1 organisation sociale : les bas salaires, la vie restreinte peuvent lui paraître des nécessités de son état, auxquelles il faut

1. Système des contradictions économiques , ou Philosophie de la misère , t. I, p. i63. Vidal aussi constate (De la répartition des richesses ou de la justice distributive en économie politique , p. 206) : « Les machines remplacent partout les travailleurs et encombrent les marchés de produits ». Robert Owen avait poussé, vingt-cinq ans plus tôt, le cri d’alarme, dans 1 Angleterre déjà industrialisée : <■ Les classes ouvrières n’ont actuellement aucun moyen de lutter avec la puissance mécanique...; des millions de créatures humâmes doivent mourir de faim si on veut maintenir le pouvoir mécanique dans toute son étendue actuelle ».

2. Organisation du travail, p. 11, cité par Fournière, op. cit., p. 356.

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