‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 54 sur 158 · I. Op. cil., 5e éd., p · texte numérisé non relu

I. Op. cil., 5e éd., p

a. « La Démocratie pacifique est monarchique », op. eu., p. 70.

des révolutions et des guerres, pour courir après des formes décevantes el installer quelque système de république ». Presque tous les socialistes, il est vrai, sont républicains, mais simplement parce qu'ils considèrent la république comme « le gage de la Révolution », selon la formule de Proudhon J. Pour ce dernier, d’ailleurs, la Révolution n’est pas un changement de gouvernement, c’est la suppression de tout gouvernement, car le gouvernement sera toujours du côté des riches quand il s’agira de résoudre la question sociale: il n’est qu’un des éléments du régime « féodal et militaire » qu’il s’agit d’abattre pour lui substituer « le régime économique ou industriel 2 ».

Au milieu d’une époque passablement idéologique, et euxmémes si souvent et si naïvement utopistes, les socialistes de 1840 se montrent donc, par contre, généralement très réalistes sur le terrain politique. Les grands principes abstraits les laissent fort indifférents; ils leur préfèrent « le développement des arts, des sciences, le perfectionnement des méthodes agricoles et industrielles » : c’est au bien-être d une nation que se mesure « le degré de liberté qui peut lui être laissé, ou qu’elle est capable de se donner»3. « Vos visions de liberté seront des niaiseries, s’écrie Fourier 4, tant qu’elles ne garantiront pas au peuple la bonne chère et l’insouciance »; et il ajoute : « Si le peuple esclave est conduit par le fouet, le peuple libre est conduit par la gueule ». La liberté que les bourgeois ont donnée aux ouvriers, c’est celle « de mourir de faim ou de se suicider B » ; de même pour l’éga-

Page 1