‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 55 sur 158 · Op. cit., p. il · texte numérisé non relu

Op. cit., p. il

2. Cf. op. cit., p. 192. Après Février, il reprochera aux « politiques de la vieille école », imbus du « préjugé démocratique », d’avoir une fois de plus voulu « commencer par le gouvernement, sauf a s’occuper ensuite, à loisir, du travail el de la propriété. » (Du principe fédératif \ p. iio.)

3. Considérant, dans la Destinée sociale. Sa conception historique est également toute positive : « Si nous sommes affranchis du joug féodal, ce n’est pas aux constitutions que nous le devons, car les constitutions n’ont rien fait autre chose que de constater l’émancipation opérée du Tiers-Etat et des Communes, émancipation due à cela seul que le Tiers-Etat, les Communes, les hommes taillables et corvéables avaient conquis peu à peu, par les sciences et l’industrie, une puissance sociale supérieure à l’ancienne puissance feodale de leurs seigneurs » (Ibid.).

h . Dans la Fausse industrie.

f>. Colins, Science sociale, t. II, p. 375. — Le dogme de la souveraineté populaire et le suffrage universel ne sont pas toujours épargnés. « Fourier

LE SOCIALISME DE i84o

1 i lé- : l égalité politique n’est qu’un leurre, il faut passer de l’égalité de droit à celle de fait; l’aristocratie d’ailleurs n’a pas été fondée par une loi, c’est la conséquence d'un fait1.

« Le droit, écrit Louis Blanc2, est le mirage qui, depuis 1789, tient le peuple abusé. Le droit est la protection métaphysique et morte qui a remplacé, pour le peuple, la protection vivante qu’on lui devait. Le droit, pompeusement et stérilement proclamé dans les chartes, n’a servi qu’à masquer ce que l’inauguration d’un régime d’individualisme avait d’injuste, et ce que l’abandon du pauvre avait de barbare. C’est parce qu’on a défini la liberté par le mot droit, qu’on est venu à appeler hommes libres, des hommes esclaves de la faim, esclaves du froid, esclaves de l’ignorance, esclaves du hasard. Disons-le donc une fois pour toutes : la liberté consiste, non pas seulement dans le droit accordé, mais dans le pouvoir donné à l’homme d’exercer, de développer ses facultés, sous l’empire de la justice et sous la sauvegarde de la loi. »

En d’autres termes, les socialistes substituent aux revendications des droits abstraits et politiques, idéal des libéraux de 1789 et de 1830, celle d’un droit concret et, en quelque sorte, matériel : le droit au bonheur. Par là, ils entendent, comme le définit Considérant3, « la jouissance, sans autre limite que le besoin eL la faculté, de tous les biens existants ou possibles en ce monde, soit des biens naturels et piimitits que le monde contient, soit des biens progressivement créés par l’intelligence et le travail de l’homme ».

Les réformateurs de 1840 ne se montrent cependant ni exclusifs ni haineux; ils ne prêchent ni la lutte des classes ni l’expropriation des riches au profit des pauvres, mais au

n’a que des sarcasmes pour le peuple ignorant qui prétend participer au pouvoir, et pour les « philosophes » qui soutiennent cette prétention ». Considérant, son disciple, trouve que » le principe de ! élection est en soi bon et juste», mais juge les populations actuellement « fiappees d lmbe cillité politique », et incapables « de donner le moindre mandat en connaissance de cause. » ( Destinée sociale.) Cf. Fourmère, op. cit., p. 104-107.

Page 1