‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 62 sur 158 · Cf. Toussenel, les Juifs rois de l'époque , cliap. m-iv · texte numérisé non relu

Cf. Toussenel, les Juifs rois de l'époque , cliap. m-iv

2. Entre beaucoup d’autres, cf. Tocqueville, L'Ancien régime et la Révolution, p. a5o. ...

3. Cf. Proudhon, Idée générale de la Révolution, p. 58 et suiv. Lui, remarquons-lo, combat très vivement cette conception.

!i. Souvenirs, p. iog.

LA CRISE SOCIALE DE i848

comme le fondement de notre ordre social, tous les privilèges qui couvraient et qui, pour ainsi dire, cachaient le privilège de la propriété, étant détruits, et celui-ci restant le principal obstacle à l égalité parmi les hommes, et paraissant en être le seul signe, n’était-il pas nécessaire, je ne dis pas qu'on vînt à l’abolir à son tour, mais du moins que la pensée de l'abolir se présentât à l'esprit de ceux qui n’en jouissaient pas? »

Il était inévitable, en effet, que la puissance publique, maniée, fût-ce en pensée, par les novateurs, vînt se heurter à ce droit individuel, premier obstacle et obstacle infranchissable, si elle ne le brisait pas, à toute œuvre égalitaire. L'influence du socialisme tendait donc à faire évoluer la conception de la propriété, telle que l’avaient léguée au xixe siècle la Révolution et le Code civil. Ceux-ci avaient réagi fortement tant contre la pratique de l'ancien régime, peu respectueuse des intérêts individuels en face de l’intérêt général, que contre la théorie du domaine éminent de l’État, iondée sur le Contrai social de Rousseau1. Rejetant les doctrines de ce genre qui s’étaient fait jour sous le patronage de Robespierre ou de Saint-Just2, la Révolution avait véritablement, suivant le mot de M. Faguet, « créé la propriété en France 3 » ; elle avait « créé une propriété toute nouvelle, à caractère absolu, intangible et intransigeant 4 »,

1. L’Etat, à l’égard de ses membres, est maître de tous leurs biens par le contrat social.... Les possesseurs sont considérés comme dépositaires du bien public ». ( Contrat social, I, (J.) Cf. aussi la phrase de Mirabeau (citée par Faguet : Le Socialisme en 1907, p. 50) : « Le propriétaire n’est que le premier des salariés. La propriété est le prix que lui paie la Société pour les distributions qu’il est chargé de faire ».

2. Robespierre avait dit : « Il ne faut pas que le plus riche des Français ait plus de 3 ooo livres de rente ». Il avait proposé à la Convention la définition suivante : « La propriété est le droit qu’a chaque citoyen de jouir et de disposer de la portion de biens qui lui est garantie par la loi » L’Assemblée préféra celle-ci, bien plus absolue (art, îG de la Constitution de 1793) : « Le droit de propriété est celui qui appartient k tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son industrie ». Le 18 mars i793, elle décrétait la peine de mort contre « quiconque proposera une loi ’ agraire ou toute autre subversive des propriétés territoriales, commerciales ou industrielles ». Cf. à ce sujet Taine, op. cit.; Le Gouvernement révolutionnaire, livre II- /ç Programme jacobin -, et Faguet, Le Socialisme en 1907, p. 30 et suiv

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