‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 73 sur 158 · Cf. par exemple Villermé, op. cit., t. I, p. a · texte numérisé non relu

Cf. par exemple Villermé, op. cit., t. I, p. a

h. Cf. Blanqui, op. cit,, p. 199-2 10.

LA CRISE SOCIALE DE i848

plus trouver chez les prolétaires modernes « la vieille et loyale ignorance de leurs pères1 ».

Dès le lendemain de 1830. les masses populaires adulées, flattées, décorées, saluées du titre de vainqueurs de Juillet, mais déçues bientôt de ne voir naître pour elles ni un droit nouveau ni une amélioration matérielle, aigries par le chômage et la dépression économique qui suivit la révolution, remuées par des écrits révolutionnaires, comme les Paroles d'un Croyant , avaient offert une proie facile aux doctrines communistes et socialistes comme aux agitateurs républicains. La politique de la bourgeoisie au pouvoir, moins hostile d’ailleurs qu'indifférente, avait accentué cette désaffection du prolétariat à l’égard de la classe qui l’employait et le gouvernait. Certains mots malheureux, le : « Enrichissez-vous! » de Guizot, le : « Il y aura toujours des pauvres », de Thiers, ou celui de Salvandy : « Les hommes de loisir : le pays légal! » avaient plus fait en ce sens que bien des propagandes révolutionnaires; ils étaient exploités indéfiniment par ceux qui dénonçaient aux ouvriers la dureté et la « stupidité aveugle » de la classe dirigeante, et qui venaient leur dire : « Le peuple sait maintenant que ce ne sont pas les riches qui le nourrissent. Bien au contraire : ce sont les travailleurs qui nourrissent les oisifs2. »

Comme le dit Philibert Audebrand 3 : « Cela scindait la nation en deux parts : les bras nus qui domptent la matière, les mains blanches qui ramassent les fruits ».

Les conditions nouvelles de l’industrie elle-même favorisaient ces sentiments et ces divisions ; comme le remarque M. Leroy-Beaulieu4, les populations laborieuses, « qui auraient encore quelque respect pour un patron dont elles apprécieraient la vigilance et l’activité, se persuadent facilement qu’une compagnie d’actionnaires est composée de dupes ou d’oisifs, méprisables pour leur cupidité, et qu’un gérant est un aventurier sans scrupules, que son intelligence,

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