‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 84 sur 158 · Op. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

Op. cit., t. I, p

3. Louis Blanc rappelle le mot de Crémieux devant la Commission d’enquête : « Si l’on nous avait demandé, dit-il en parlant de lui et de^ ses collègues à l’Assemblée, par qui nous avions été nommés, nous aurions bien pu dire : à la Chambre, mais non point : pur la Chambre ». Op. cii.,

4. Cf. Garnier-Pagès, Histoire de la Révolution de 18tiS, t. II, p. 287.

LA CRISE SOCIALE DE i848

Blanc fut admis à ce titre avec Marrast, Flocon et Albert. À son tour, il se vit forcé d’accepter, les autres journalistes ayant dit oui, pour ne pas paraître faire d’une question de mots une question d’amour-propre personnel. La distinction n’avait d’ailleurs aucune importance, et elle disparut même du Moniteur dès le lendemain.

Louis Blanc était donc bien membre du gouvernement, avec des droits égaux à ceux de ses collègues sur la direction générale de la politique, et même, en raison de sa popularité au dehors, avec une influence plus grande que la plupart d’entre eux. Ce qui lui manquait vraiment, c’était, à cause de son arrivée tardive à l'Hôtel de Ville, de n’avoir point été présent à la distribution des portefeuilles. Ledru- Rollin, à l’Intérieur, Lamartine, aux Affaires étrangères, Garnier-Pagès, aux Finances, Marie, aux Travaux Publics, Marrast même, à la Mairie de Paris où la majorité le fit nommer, allaient disposer de moyens d’action et de ressources pécuniaires qu’ils pourraient mettre, le cas échéant, au service de leurs idées. Louis Blanc, avec son titre de membre du gouvernement, se trouvait réduit à 1 impuissance au point de vue matériel. Dans ces conditions, tant qu’il ne se séparait point ouvertement et publiquement de ses collègues, il jouait plutôt en quelque sorte à leur profit le rôle d’un paratonnerre, et sa popularité était moins dangereuse pour eux à l’intérieur qu’à l’extérieur du Conseil.

Mais il ne tarda pas à se lasser de cette impuissance, et nous en trouverons le contre-coup dès le 28 février. Devant cet homme actif, intelligent, passionné pour ses idées, un dilemme redoutable n allait pas tarder à se poser : ou bien il imposerait par la pression du dehors à ses collègues les réformes sociales auxquelles ils répugnaient, et que lui jugeait nécessaires ; ou bien, plutôt que de laisser échapper par leur taute une occasion inespérée, il se servirait de son influence sur les masses ouvrières pour déposséder du pouvoir ses adversaires irréductibles, au profit d’hommes résolus à réaliser avec lui le bonheur du peuple tel qu’il le concevait....

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LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE

Ainsi se présentait ce gouvernement profondément divisé et menacé jusque dans son sein, auquel se heurtait, au lendemain du 24 février, la classe ouvrière parisienne victorieuse de la Monarchie, et résolue à profiter de sa victoire politique pour améliorer son sort matériel.

Quentin-Bauchart. — Crise sociale de 1848.

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