‹ La crise socialeChapitre 109 sur 184 · LE PARLEMENTARISME · texte numérisé non relu

LE PARLEMENTARISME

bres du Parlement, même ceux de la majorité^ avaient la leur, et il lui conta cette anecdote, « d'une authenticité absolue » :

(( Il était une fois un nouveau ministre de l'Intérieur qui, sitôt installé place Beauvau, manda par devers lui le Directeur de la Sûreté générale et lui tint ce langage : a En fait de police, monsieur, je n'en comprends qu'une : « la police à la Fouché ». Si vous la comprenez comme moi, vous êtes mon homme ; sinon, bonsoir ! Je vous donne quinze jours pour me mettre à même de juger vos talents ». Or, les quinze jours s'écoulèrent, et beaucoup d'autres après : le ministre et le policier s'étaient compris... »

Les vieux parlementaires se lamentent. Ils sont pour une honnête corruption, pour la modération de la démagogie électorale, — pour la chimère des chimères.

Dans son rapport parlementaire sur la représentation proportionnelle, M. Etienne Flandin écrit : « Si nous nous reportons aux consultations du suffrage universel qui ont eu lieu depuis la promulgation de la Constitution du 25 février 1875, voici ce que l'on constate :

Voix

Voix

obtenues par les élus

non représentéesr

234 DEUXIÈME PARTIE — LA CRISE POLITIQUE jj

« Ainsi, sauf pour les élections qui ont eu lieu au"' lendemain du 16 mai 1877, à chaque consultation du suffrage universel, le nombre des voix non représentées dépasse sensiblement le chiffre des voix ob- 1 tenues par les élus. Pour Tensemble des élections! qui ont eu lieu de 1876 à 1906, la moyenne des voix représentées est de 45 pour cent un dixième ». |

Il y a quelque dix ans, dans la Coopération desl Idées^ nous avions fait la même constatation. Peuj après, M. Francis Delaisi Pavait faite aussi : « On i peut résumer ainsi la situation, disait-il : en France, I sur 100 électeurs, 20 s'abstiennent, 21 opposants sont-| éliminés par l'élection, 21 autres voient leurs représentants mis en minorité à la Chambre, 38 constituent le peuple souverain ».

En réalité, en comprenant toute la populations française, d'après nos calculs qui portent sur les élections de 1898, c'est seulement 6 0/0. Voilà le suffrage universel, tout ce qu'il peut être ! C'est à un faux principe qui ne peut s'appliquer qu'on sacrifie l'ordre, la force, la liberté, — la vie nationale. On nous a dénié d'être républicain, parce que nous (( exécrons le suffrage universe-1 ». Laissons M. Aynard répondre : « Le suffrage universel nous est arrivé comme un cyclone; à part un légitimiste, l'abbé de Genoude, personne ne le réclamait à la veille de 1848 ».

On identifie aussi le parlementarisme à la démocratie. Rien de plus faux : le nombre est démagogique, la raison est anarchique. Si donc la démocratie est « quantité », comme le veulent les uns ; si

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