CHAPITRE III — LE PARLEMENTARISME
tiombre. Si loin qu'on aille dans la sottise du suffrage universel, on n'aboutit pas à la démocratie mais à une ploutocratie plus ou moins dissimulée.
Le moyen de la démocratie, ce n'est pas Tarithmétique électorale, mais la revision des valeurs sociales pour un meilleur emploi de toutes les forces utilisaï)les. La vraie démocratie aboutit à la sociocratie.
Nous n'irons pas jusqu'à dire que toutes nos lois, depuis quelques années, paraissent avoir été élaborées par des sauvages ou des fous. C'est là matière à 'discussion. D'ailleurs, il en est quelques-unes qui seraient sages et bienfaisantes s'il y avait un gouvernement pour les appliquer dans un esprit social. Omnipotents, il est entendu que nos députés sont, en outre, omniscients. Passons. Nous nous en tenons à la quantité. La légifération à outrance est une autre forme de la surenchère démagogique, — celle qu'on pourrait qualifier d'idéaliste. Ce n'est pas la moins néfaste.
Voici, par exemple, Timpôt sur le revenu, destiné surtout à faire oublier le fameux milliard des congrégations, et ce n'est qu'un bluff nouveau. L'impôt ne peut être payé que par le travail. Ce que les politiciens apprécient dans cet impôt, c'est d'abord, en compliquant les répercussions, qu'il paraît favoriser les travailleurs et ensuite, surtout, qu'il est indéfiniment extensible. Ainsi, leur puissance destructive et le pillage n'ont plus d'autre limite que la ruine complète du pays. Le gouvernement parlementaire ne se maintient que par la corruption. C'est en ce sens que l'impôt sur le revenu est une victoire radi-
cale-socialisle, c'est-à-dire un désastre pour h France.
A mesure que croît son impuissance et que s'exas père son incohérence, le gouvernement parlemen taire tend à concentrer et comprimer toute la vii politique et sociale de la nation dans les bureaux^ Tout va à l'administration publique, cependan qu'on la désorganise par un scandaleux favoritismi auquel répond la révolte des syndicats de fonction^ naires. Jusqu'ici, notre administration, malgré se; vices, était bien l'armature de l'édifice. Devant lî farandole politicienne, elle était ce qui dure, la tra dition, l'autorité, l'ordre, sinon l'initiative, la sou plesse et l'activité. Mais on lui demande trop alor qu'on la désagrège. Cette armature robuste, on la scie on la lime de toutes parts, tous les saboteurs s'; acharnent; tout fléchit, et l'on ne cesse, néanmoins de surélever, d'alourdir la bâtisse qu'il lui faut sup porter.
Voici où nous en sommes, nous dit M. Poin'. caré :
<( De plus en plus, les députés s'arrogent le droi de commander aux administrations, de placer leur favoris et leurs parents, de peupler les bureaux d< leurs créatures. De plus en plus, les ministres preni^ nent l'habitude d'examiner les questions du seu point de vue qu'ils présument devoir plaire à leui, majorité. Les meilleurs, harcelés par les membrei' du Parlement, s'ingénient à éviter les affaires. Gha cun d'eux se renferme dans son département minis tériel avec le désir de se ménager quelques succèf