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CHAPITRE IV — LA DICTATURE POSITIVE

Les républiques ouvrières reconnaîtront qu'elles ont avantage à constituer une dictature qui les reliera, I qui fera converger toutes les énergies de la nation et fera rendre gorge aux politiciens et aux financiers. Mais ce dictateur sera-t-il le roi ? Gela dépend beaucoup plus du prétendant lui-même et des conjonctures que de nos désirs.

Républicain positiviste, socialiste organique, personnellement, nous n'avons aucune prévention contre le roi, président traditionnel de toutes les républiques françaises. — Nous n'en pouvons avoir que contre les émigrés qu'il ramènerait à sa suite et qui, n'ayant rien appris ni rien oublié, nous rappelleraient trop l'ineffable racaille politicienne que nous aurions chassée. On a vu ça, de 1815 à 1830.

Sous une dictature d'ordre, royale ou républicaine, établie par transmission de sang comme le veulent les royalistes, ou par transmission sociocratique comme le proposait Auguste Comte, le peuple reconstituerait peu à peu tous les organes essentiels d'une société humaine. D'abord la famille, cellule initiale ; puis les organes économiques : corporations, coopérations, mutualités, etc. ; enfin les organes politiques subordonnés, les communes, les provinces. Toutes les activités s'organiseraient ; la vie se répandrait partout, et les libertés, les justices s'épanouiraient, non plus dans les discours, mais dans les faits. Les universités provinciales, les universités populaires feraient rayonner et pénétrer Fart et l'intelligence dans tout le pays et à tous les étages sociaux. N'est-ce point la vraie démocratie ? Chacun

vit pleinement, et au grand jour. Chaque volonté concourt dans sa mesure et chaque faculté a son meilleur emploi. Le prolétariat est enfin incorporé à la société.

Auguste Comte nous invite à « remplacer les vains débats sur la possession du pouvoir par l'examen des règles relatives à son sage exercice ». Nous ne rechercherons donc pas le plus légitime ou le plus digne gouvernant, mais le plus efficace gouvernement.

Et d'abord un gouvernement, parce que nous tenons aux libertés déjà acquises et à celles que nous pouvons conquérir.

Le primitif, jouet de toutes les fatalités, n'a pas besoin de gouvernement; mais dès qu'il y a société, c'est-à-dire des libertés, cet organe s'impose. Et plus les relations se multiplient et deviennent complexes, plus la modificabilité apparaît, plus les libertés s'affirment et se constituent, — plus le gouvernement doit être énergique et concentré.

Il ne peut y avoir de libertés positives étendues que sous une forte autorité.

Le gouvernement, c'est la réaction de l'ensemble sur les parties. « La fonction du gouvernement est, en effet, nous dit Pierre Laffitte, de déterminer le concours des individus et des familles, en respectant convenablement leur indépendance, conditions de tout progrès, de telle sorte que l'indépendance croît avec le concours, sous certaines conditions données, ce qui montre bien l'action croissante du gouvernement. Cette fonction fondamentale du gou-

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