CHAPITRE IV — LA DICTATURE POSITIVE
vernement peut se décomposer en trois opérations connexes quoique distinctes : prévoir^ pousser et retenir, »
Par trois opérations de direction, de répression et de sécurité, au moyen de l'administration, de la police et de la justice, de l'action militaire et diplomatique, il faut qu'un gouvernement normal obtienne le concours en garantissant Tindépendance.
Le système parlementaire est inapte à cette fonction essentielle d'ordre et de progrès. Il ne peut prévoir, pousser et retenir. Non plus qu'il n'obtient la coopération, il n'assure les libertés. 11 est vexatoire et anarchique à la fois. Au surplus, il manque de consécration. « Tout pouvoir, en effet, dit Pierre Laftitte, n'a de valeur qu'autant que, dans une grande mesure, il est indépendant de ceux sur qui il s'exerce ; et la constatation d'une telle indépendance constitue précisément la consécration du pouvoir. Or, il est évident que l'électorat semble créer absolument les pouvoirs qu'il choisit, ce qui, si cela était absolument vrai, rendrait le gouvernement impossible ».
Une autre conséquence du parlementarisme, aussi nuisible à Tétat statique qu'à l'état cinématique,, c'est la séparation du pouvoir législatif de l'exécutif, vicieuse extension du principe organique de la séparation des deux pouvoirs temporel et spirituel. Nous citerons encore, à ce propos, cette réflexion de P. Laffitte : « Dans notre situation, si dangereusement instable, le pouvoir législatif semble avoir théoriquement le droit de tout changer, et cela à chaque
instant, ce à quoi dispose trop la maladie révolutionnaire, et ce que facilite la situation des députés toujours irresponsables et trop souvent incapables. Le gouvernement, au contraire, en face d'un appareil construit par le passé et de nécessités effectives qui déterminent une responsabilité précise, est toujours disposé à tenir compte d'un ordre fondamental que méconnaît Farrogante futilité de nos législateurs ».
Pour une société de civilisation avancée et de libertés nombreuses, il n'y a de gouvernement normal, stable, obtenant le concours en garantissant Tindépendance, que d'un organe individuel, dictateur ou^| roi, réunissant le pouvoir législatif à l'exécutif, et ainsi nous préservant de la tyrannie et de Tincohérence législatives. C'est le meilleur remède à la légifération à outrance. Une dictature positiviste n'édicterait que les lois essentielles, puisqu'elle aurait la ,i charge de les appliquer. Ces lois pourraient être l préparées par le corps compétent du Conseil d'État dont il conviendrait, cependant, de modifier la composition.
Que la République positiviste soit une « pure idée », une « utopie », comme nous l'a dit M. Georges Valois, et la royauté « un fait historique, une expérience qui a duré plusieurs siècles », il n'importe. Le seigneur féodal aussi a été une réalité et la puissance énorme d'un chef industriel, d'un meneur de trust, une utopie. Un germe a plus de possibilité de lever que la poussière de reprendre forme. En tout <îas, ce qui a été, quand il y a eu rupture complète,