CHAPITRE IV — LA DICTATURE POSITIVE
i les Louis XV, c'est qu'elle s'inspirait des meilleurs principes politiques. Nous retiendrons ces principes; limais, pour le reste, nous tâcherons d'éviter les risques d'accidents. Et il est évident que l'hérédité 1 sociocratique, le choix du successeur par le déten- ] teur même du pouvoir, y réussit autant qu'il est possible. Il a, d'ailleurs, de belles expériences pour lui, comme l'indiquaient Auguste Comte et Pierre Laffitte : « La série des Antonins, celle des papes qui ont suivi et précédé Grégoire VII ; et, en France, la succession des trois grands ministres : Richelieu, Mazarin et Colbert ».
Un homme, fût-il de génie, n'y suffit point; il est vrai. Il y faut, comme pour la royauté, d'ailleurs, un minimum d'organisation.
Répétons-nous :
« Oui, une dictature, inébranlablement établie, pour sa fonction statique propre de maintenir l'ordre ; mais contrôlée, contenue, sanctionnée par une opinion publique éclairée par les philosophes, disciplinée par le sentiment féminin, agissante par l'énergie prolétarienne.
« Oui, une dictature fortement constituée, pour sa fonction cinématique propre de direction politique ; mais ayant pour contrepoids les libertés puissamment organisées, d'après les mêmes principes organiques, de toutes les grandes activités économiques, politiques et sociales. »
Nous ne nous opposons point, au reste, à ce que ce premier dictateur, dans ces conditions, soit Mgr le duc d'Orléans si, par zèle inconsidéré de candidat,
il ne se commet pas trop avec les plus dangereux fauteurs d'anarchie et les pires exploiteurs de la nation. A défaut d'un prolétaire éminent, nous accepterions même plus volontiers pour chef cet exilé qu( tout autre personnage non désigné par un génie politique éclatant ou des vertus civiques extraordinaires. Mais nous accepterons aussi celui, quel qu'ij soit, que les événements feront surgir : un autre^ prince prétendant, un général d'aventures, voire Doumer, Déroulède, Millerand, Combes, Jaurès ou Clemenceau. N'étant pas d'un parti, nous ne voulons pas limiter les possibilités de salut.
Ce n'est pas la personnalité du chef qui importe le plus, c'est d'abord qu'il y en ait un, et ensuite qu'il connaisse et puisse appliquer les principes d'ordre public sans lequel aucun progrès n'est viable.
Suivant de Bonald, « les bonnes institutions rendent les hommes meilleurs », et c'est même à leur puissance éducatrice, bien plus qu'aux intentionsï qu'elles manifestent, à leur logique, ou mêmeàleursj résultats apparents, qu'on reconnaît qu'elles sonij bonnes.
Prenons tel ministre, — hier Clemenceau, — pa: exemple, si incohérent, si néfaste, parce qu'il S( meut dans un système chaotique et nocif.
Présentement, il est prisonnier de sa classe dont il a l'esprit. S'il ne se fait aucune illusion sur le régime actuel, il ne veut pas en changer, à aucun prix^ contre sa classe. 11 en tire donc, pour son plaisir d'orgueil, tout ce qu'il peut. Il ne va pas plus loin». Il ne peut : c'est un dilettante bien plus qu'un