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CHAPITRE IV — LA DICTATURE POSITIVE

Oui ; mais on ne le conservera pas si on ne le réorganise.

C'est pourquoi, tout en faisant la critique sévère du parlementarisme, nous proposons avant tout, aux hommes de cœur et. d'intelligence, de s'unir, en dehors des partis qui opposent, pour une œuvre positive d'éducation et d'organisation.

Voici donc, au demeurant, ce qui nous sépare des royalistes : ce sont des hommes de parti. Comme tous les partisans, ils ont un beau programme, mais ils remettent, pour l'appliquer, d'être vainqueurs. Leur monarchie est belle sous la République, comme la République paraissait belle sous la monarchie. Nous en avons assez. Nous exigeons une action positive, — et qui engage, et qui compromet.

Ce n'est pas le roi qui nous inquiète, avons-nous dit, ce n'est pas, non plus, la phalange ardente, désintéressée et intelligente de l'Action française. Un Charles Maurras, pour ne citer que la tête et le cœur, n'a pas de mobiles suspects. Un homme de cette trempe est le meilleur argument vivant d'un parti. Ce n'est pas le roi, ni les royalistes d'aujourd'hui que nous redoutons, ce sont les émigrés, les royai|| listes profiteurs de demain.

A un roi, il faut une cour. A une cour, il faut une noblesse. Mais cette noblesse, désormais, n'a plus de sens. Dans une société industrielle, ils ne peuvent être que des parasites.

Nous avons à apprendre d'eux, nous affirme M. Georges Valois.

Et quoi donc? La manière matrimoniale de redorer

les blasons avec de la boue et d'anoblir les millions criminels de la haute finance et des accapareurs américains? Mais cette noblesse n'est plus française ni sociale !... Elle est alliée et asservie aux tripoteurs internationaux que, pour donner une juste satisfaction au prolétariat, un dictateur énergique dépossédera et expropriera pour cause d'utilité publique.

Une société organique est hiérarchisée ; mais la hiérarchie que les royalistes se proposent de rétablir est périmée, ce n'est pas celle qui convient à la France moderne. Des parchemins ne suffisent point pour fonder une aristocratie.

Nous voulons un chef de France : ce roi n'est qu'un chef de parti. Gomme un vulgaire ministre radical, il a une clientèle à pourvoir et il s'appuie sur une classe vaniteuse et insuffisante pour ne pas dire méprisée. Ainsi, il est appelé à commettre les mêmes fautes que Louis XVIII et Charles X, et contre le prolétariat.

M. Georges Valois nous a dit qu'en 1815, on sortait de la Révolution. On n'en sortait pas, on y enti^ait. Si, en 1815, la France était « désossée », si elle était un corps dont la a charpente était brisée et les muscles atrophiés », il n'est rien depuis qui ait pu lui restituer ses os et ses muscles. La Révolution s'est aggravée. Elle a tout pénétré. En 1815, le prolétariat n'avait pas oublié encore ses corporations. Le compagnonnage était prospère, et le roi, pour complaire à la ploutocratie naissante, était hostile aux compagnons. La famille, en tout cas, restait forte.

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