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CHAPITRE IV — LA DICTATURE POSITIVE

Si une volonté comme Clemenceau avait pu s'exercer dans la ligne droite, dans Tordre, elle ne se'fût point opposée aux libertés.

Revenons au dictateur de demain. « Omnipotent », •dit-on. Gros mot. Un député touche-à-tout, parce <}ue propre à rien, est bien plus omnipotent, ce semble, qu'un vrai chef d'État dont la fonction strictement politique est nettement délimitée et réglée.

Une monocratie est fédéraliste, nécessairement.

Elle l'est complètement, pour les groupes régionaux

comme pour les groupes économiques. Elle seule

j peut l'être, parce que, indépendante, elle n'a rien à

redouter, au contraire, des citoyens éclairés et des

[forces sociales organisées.

Un positiviste est donc fédéraliste. Mais ce n'est pas jusqu'à confondre ce qui doit rester distinct. C'est retourner à l'anarchie que d'introduire la représentation provinciale dans la direction nationale. Autonomie d'action des provinces pour tout ce qui concerne la vie régionale ; autonomie d'action des associations pour tout ce qui concerne la vie sociale ; mais aussi, autonomie d'action de l'État pour tout ce qui touche à la politique nationale. La solidarité française ne peut qu'être resserrée par ces différenciations et ces spécialisations organiques, alors qu'un parlementarisme ou représentativisme provincial tendrait au séparatisme.

D'ailleurs, c'est un principe aussi certain en politique qu'en mécanique, que toute direction ou toute impulsion ne se peut exercer que du dehors.

La dictature n'est pas un expédient provisoire.

C'est un régime définitif, — celui que nous indiqut; la science politique.

Le mot fait peur. Il faut voir la chose. La dicta' ture définitive, c'est Tordre définitif, c'est-à-din toutes les possibilités de la liberté et du progrès.

On y viendra.

Sera-ce une régression ? Des évolutionnistes trèj simplistes seuls le peuvent penser.

De tous temps, les efforts des gouvernés ont aussiS bien tendu à exalter qu'à modérer le pouvoir absolu, suivant les circonstances sociologiques et les courants psychologiques. Au fond, le peuple, guidé pai'l un sûr instinct organique, n'a jamais eu de répugnance spontanée et tenace pour le vrai despotisme. C'est toujours la plèbe, faisant taire les bavards, qui acclame Thomme d'action. César, celui qui, d'après Carlyle {Les Héros) est appelé Rex^ Régulateur, Roi,, King, Koning, homme capable, celui qui sait, dit! Carlyle, « voir et oser, et décider; être une colonne) fixe dans le bouillonnement de l'incertitude ».

Substituer chez les gouvernants le souci de l'intérêt public à celui des intérêts personnels enl subordonnant la politique à la morale, c'est bien ;, mais il est plus sûr pour le pays que l'intérêt public n'exige point de trop lourds et constants sacrifices à l'intérêt personnel du gouvernant, et c'est dans le pouvoir positif, semble-t-il, c'est-à-dire continu et responsable, que ces deux intérêts s'opposent le moins.

On nous a fait observer la complication et la division croissante des fonctions gouvernementales, pri-

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