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CHAPITRE I — LA FEMME ET LE POSITIVISME

moins. Si les femmes font les mœurs, elles les défont :aussi. On ne le voit que trop, présentement.

Avec leurs « droits », elles n'ont pu s'opposer au divorce qui leur a fait perdre toute garantie de dignité et de sécurité. Dans la famille, leur situation «st devenue aussi précaire que celle de l'ouvrier dans la Cité. Elles sont désormais à la merci de la luxure du mâle comme le prolétaire est h la merci de la cupidité du riche. Et elles ne peuvent même plus réagir. Elles laissent le divorce se généraliser dans ia pratique. Elles le laisseront s'élargir légalement jusqu'à l'union libre. Peut-être même, affolées, par une dernière aberration, y pousseront-elles.

C'est qu'elles ne peuvent plus rien contre les bestialités déchaînées. Leur charme et leur puissance étaient dans l'accomplissement de leurs doux devoirs. A mesure qu'elles s'y refusent, pour conquérir « l'indépendance », elles vont, en réalité, à l'esclavage. Femelles de luxe ou bêtes de somme, elles ne valent plus, dès lors, que pour la volupté et l'exploitation.

Elles commencent à s'en apercevoir. Les satisfactions de la vanité ou de l'ambition, l'étourdissement dans le tourbillon des fêtes, l'orgie crapuleuse, l'abrutissement par la morphine, l'opium ou l'alcool, le spasme des étreintes adultères, des stupres grotesques ou immondes..., tout cela laisse le cœur encore plus vide et l'âme plus désemparée, en face de la honte, du remords et de la misère. Déjà, elles sont recrues, leurs nerfs sont usés. Les névropathies, les psychoses se multiplient et s'aggravent. D'âme, elles sont plus lasses encore. La fanfare des orchestres, le

bruit de la rue et le mugissement des machines ne les arrachent point assez à elles-mêmes. Elles s'ennuient mortellement. Leurs folies et leurs vices, c'est de Tennui qui s'exaspère.

O.rtes, il ne faut pas trop généraliser. Toutes les femmes ne sont pas encore a dans le train » des catastrophes. Il y a les jeunes filles qui ont de vagues . aspirations vers une meilleure destinée, aspirations^ qui s'égareront, qui se perdront si on ne les éclaire point. Il y a les femmes de foyer quand même. Ce sont les plus nombreuses, d'ailleurs ; mais elles, vivent en retrait, et ce sont les autres qu'on voit,, qu'on entend et qu'on applaudit. Sans savoir pourquoi, avec même la crainte parfois d'être un peu ridicules, les femmes de foyer continuent à faire ce qu'ont fait leurs mères. Ce sont elles, d'abord, qu'il nous faut fortifier dans leur bon sens.

Balzac affirme que a les êtres sensibles ne sont pas les êtres sensés ». C'est faux. Ou plutôt ce n'est exact que lorsque cette sensibilité est déréglée. Diderot, avant l'explosion du romantisme à laquelle assistait Balzac, a mieux dit : « Tandis que nous lisons dans les livres, les femmes lisent dans le grand livre du monde. Aussi bien leur ignorance les dispose-t-elle à recevoir promptement la vérité, quand on la leur montre. Aucune autorité ne les a subjuguées. Au lieu que la vérité trouve à l'entrée de nos crânes un Platon, un Aristote, un Épicure, un Zenon, en sentinelles, et armés de piques pour la repousser. Elles sont rarement systématiques, toujours à la dictée dui moment ».

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