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CHAPITRE II — LE SOCIALISME

/aloir que par sa fonction d'éducation, c'est-à-dire la discipline volontaire ou contrainte qu'il détermine, la socialité qu'il enseigne, et chez ses adeptes d'a-

Ibord.

Ce sont là des matériaux que le positivisme utilisera pour la reconstitution à laquelle il s'emploie. I Passant la critique purement intellectuelle du soicialisme qui a été faite maintes fois, et par les socialistes eux-mêmes, c'est sa valeur éducative qu'il convient d'examiner.

il faut donc s'en tenir au socialisme syndicaliste. Sans doute, le réformisme prudent de M. Millerand paraît bien plus raisonnable que le révolutionnarisme intransigeant de M, G. Sorel ; mais c'est celui-ci qui est le plus propre à former des hommes désintéressés et énergiques, à prépareras organisations de reconstitution, à fortifier les éléments psychologiques d'une saine réaction, bref à indiquer au prolétariat le chemin qui mène au positivisme, — et c'est là tout ce qu'on peut demander au socialisme.

Au surplus, le socialisme déclamatoire, électoral 6t démagogique ne compte plus, car il ne se distingue plus assez des nombreux facteurs d'abrutissement populaire et de décomposition sociale qu'ont fait surgir le parlementarisme et l'anarchie mentale.

Tout ce qui restait d'âme au socialisme s'est réfug ié dans le petit groupe qui suit l'inspiration de M. G. Sorel.

M. Hubert Lagardelle a formulé ainsi les principes de la nouvelle école :

li I. Si la lutte de classe est tout le socialisme, on

peut dire que tout le socialisme est contenu dans le] syndicalisme^ puisque, hors du syndicalisme, il n'y a pas de lutte de classe.

c( II. Les milieux nationaux les plus favorables au développement du syndicalisme sont ceux où les^ conditions historiques et politiques permettent la plus grande exaltation révolutionnaire du prolétariat et sa scission avec les autres classes.

(( III. Le syndicalisme est vide de tout utopisme, en ce sens qu'il subordonne son triomphe à tout un ensemble de conditions préalables, et qu'en attendant il joue dans le monde un rôle rénovateur ».

Un rôle rénovateur implique un rôle éducateur.

Voyons donc ce que dit encore M. Lagardelle, répondant aux socialistes de Tancien bateau : « Non, ce n'est pas d'un simple changement de personnel gouvernemental que dépend la transformation du monde. Ce serait vraiment trop facile, et la marche de l'histoire a d'autres exigences. Un état social ne naît pas sans une longue préparation, et c'est ici que le syndicalisme, avec un sens plus réaliste des choses, vous oppose ce que j'ai appelé le socialisme des institutions. Il rappelle aux ouvriers qu'il n'y aura pas de changement possible tant qu'ils n'auront pas créé de leurs propres mains tout un ensemble d'institutions destinées à remplacer les institutions bourgeoises. Mais, à la différence des groupements corporatifs que vous combattiez, les institutions syndicalistes nouvelles se forment, non pas à l'image des institutions bourgeoises, mais sur un type contraire. Que reprochons-nous à la société

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