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CHAPITRE II — LE SOCIALISME

[ isme une philosophie et une sociologie qui se suffilent à elles-mêmes. C'est prendre la partie pour le but, et même la partie de la partie pour le tout de a partie. Ainsi se dénature le syndicalisme même.

M. Jules Guesde, au Congrès de Nancy, a proloncé ces paroles de bon sens : « Ou n'a pas le droit le dire à un maçon : tu n'entreras pas dans le syndicat des maçons si tu ne jures pas par le syndicaisme de Lagardelle ; on n'a pas le droit de dire à m métallurgiste ou à un verrier : tu n'entreras pas Jans le syndicat des métallurgistes ou des verriers ►i tu n'es pas pour le boycottage, si tu n'es pas pour je sabotage, si tu n'es pas pour l'antimilitarisme ou 'antipatriotisme... Vous n'avez pas le droit de diviser contre elle-même, par des considérations étrangères, la profession que votre devoir est d'unir, ou »i vous le faites, vous aboutissez précisément à ce ^ue je déplore, à ce que j'affirme et que vous niez, fi des squelettes de syndicats. Le syndicat ne vaut ^ue dans la mesure où la totalité, où l'immense majorité au moins des travailleurs du même métier ont rallié le drapeau, parce qu'alors, pour faire aboutir leurs revendications, ce n'est plus même la grève qui s'impose, la menace de la grève suffit ».

Et au point de vue socialiste, M. J. Guesde avait aussi raison de qualifier de << souverainement ridicules » les moyens dont dispose le syndicalisme pour transformer la propriété et la société : boycottage^ iSabolage, grève.

L'erreur capitale de M. Sorel, c'est de ne consijdérer dans le prolétaire que l'ouvrier. Pour les éco-

nomistes, l'humanité n'avait d'autre fin que de co: sommer; pour les marxistes dernière manière, el n'a d'autre fin que de produire. Il faut évidemme que les ouvriers soient instruits de ce qui est néce ' saire à leur vie de travailleurs ; mais il faut aus qu'ils soient instruits de ce qui est nécessaire à lei vie de chefs de famille, de citoyens, d'homme « Mes amis et moi, dit cet auteur, nous ne cessoi d'engager les classes ouvrières à ne pas se laiss« entraîner à suivre l'ornière de la science ou de philosophie bourgeoises. Un grand changement ! produira dans le monde le jour où le prolétariat aui acquis, comme l'a acquis la bourgeoisie après la R volution, le sentiment qu'il est capable de pensi d'après ses propres conditions de vie ».

Les classes ouvrières se soucient peu des consei de M. Sorel et de ses amis.

La production industrielle n'est qu'une des cond tions de la vie du prolétariat. L'action syndica n'absorbe que les loisirs des chefs. En dehors c l'atelier et du syndicat, la vie d'un ouvrier françaintelligent est semblable à celle d'un bourgecî français intelligent.

Le socialisme syndicaliste subordonne l'ensemb); social à une de ses fonctions : la production, et il r considère que la production de la grande industrie Il serait plus judicieux, semble-t-il, de donner cet ^ préférence d'abord à la production agricole, puis ai! dessus encore à la consommation. M. Charles Gio a écrit dans U Émancipation : « L'idéal socialisa c'est la lutte des classes; or la lutte des classes iir:;

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