‹ La crise socialeChapitre 29 sur 184 · CHAPITRE III — LE RÉFORMISME · texte numérisé non relu

CHAPITRE III — LE RÉFORMISME

sable à 100 francs), quelle que soit la plus-value que le dividende ajouté à l'intérêt de 5 0/0 aura pu leur procurer. Le remboursement sera accompagné de la remise à Tactionnaire d'une action de jouissance d'une valeur nominale égale à celle de Faction de capital (une action de jouissance de 100 francs remplacera une action de capital de 100 francs). Cette action aura droit, non plus à un intérêt — Tintérêt qui est le loyer de l'argent n'étant plus dû, puisque l'argent aura été rendu — mais à un dividende, c'est-à-dire à une part de la moitié du profit net de l'entreprise. Quand on lui remettra le titre de jouissance, l'actionnaire signera un engagement de restituer ce titre contre remboursement de sa valeur nominale, au moment où il sortira au tirage au sort

« L'action de jouissance ainsi remboursée au capitaliste et l'engagement de rétrocession demeureront inséparables ; le travailleur à qui ils écherront devrai les remettre à la société quand, à son tour, viendra' son heure d'être remboursé, de toucher par conséquent sa part du capital rachetée par le travail.

(( Il y aura donc dans les sociétés, telles que nous^ allons en constituer trois, un déplacement incessant du capital qui ne lésera pas les intérêts des capitalistes primitifs, puisqu'ils seront remboursés deux fois, et qui fera passer au rang d'actionnaires, de copropriétaires, tous les salariés de l'entreprise. Cessalariés, quand ils auront amorti le capital et qu'ils seront eux-mêmes les capitalistes, travailleront pour se rembourser eux-mêmes. Mais, quand ils auront été remboursés — eux ou leurs ayants droit — s'ils

demeurent ouvriers ou employés de l'entreprise, ils se retrouveront, comme ils étaient avant le double amortissement du capital initial, des candidats à là copropriété, toute action rachetée rentrant au fonds commun du travail et devant être attribuée à un travailleur, selon les règles à déterminer. Ce roulement incessant du capital passant d'une main à une autre doit avoir plusieurs résultats : d'abord, il ne permet pas la constitution des premiers collaborateurs de l'œuvre en patrons pouvant refuser aux nouveaux embauchés les avantages dont eux-mêmes auront profité. Les obligations que le capital-argent aura acceptées, et au premier rang l'obligation de consacrer la moitié des produits nets à l'amortissement, le capital devenu propriété du travail y sera soumis, sans pouvoir, d'après la règle statutaire, y déroger. L'ouvrier qui rentrera dans l'entreprise à la dixième année, par exemple, s'y trouvera dans une situation identique à celle de son confrère entré le premier jour. Celui-ci avait un capital-argent à rembourser, celui-là aura un capital-travail à rembourser. Le premier disposait pour ce remboursement de la moitié du bénéfice ; le second disposera pour le remboursement de la moitié des bénéfices. Il y aura donc entre tous les collaborateurs de l'œuvre toujours égalité, association dans Tégalité ; même rétribution pour le même travail ; l'espérance réalisée par les ouvriers de la première heure, les tard venus pourront la concevoir tout aussi légitimement. Il dépendra d'eux de rendre pour eux-mêmes la réalisation de ces espoirs plus prompte en apportant plus d'application

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