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CHAPITRE III — LE RÉFORMISME

On est surpris qu'un praticien comme M. Mildé ne e rende pas compte, aussitôt, du danger d'introluire dans industrie ce ferment de dissolution, .Indiscipline et de désordre. Le suffrage universel le peut s'admettre, à la rigueur, qu'une fois, au lépart, pour nommer un directeur à vie. Il est .bsurde que les inférieurs désignent les supérieurs, d qu'ainsi ceux-ci dépendent de ceux-là, — d'une Lbsurdité à la fois psychologique et sociologique. :iomment un élu aurait-il quelque autorité sur ses , ^lecteurs? S'il tient assez à sa fonction, s'il a le souci le sa réélection, il n'aura garde de mécontenter ieux qui le rééliront. Ayant tous les intérêts partipuliers du moment à ménager, souvent même moins Ijue cela, les petits amours-propres, les -petits mobiles de chacun, comment pourrait-il servir les jntérêts généraux continus?

Si Ton ne discerne pas bien ce que pourraient gagner les ouvriers, en l'état actuel des choses et des 3tres, à la transformation du patronat et du salariat, bn ne voit que trop ce qu'ils y perdraient. -

Nous citerons encore M. Mildé : « J'assiste depuis phxs de vingt ans, dit-il, à l'expérience de la capacité de gestion du personnel ouvrier de la société de i secours mutuels contre la maladie et les accidents du travail, que j'ai établie chez moi ; je suis frappé des bons résultats de cette gestion confiée exclusivement ijà ceux que le suffrage de leurs camarades a désignés, à l'exception de toute influence patronale; les admiinistrateurs choisis mettent dans l'accomplissement de leur mission une conscience que je n'ai jamais vue

faiblir, je dirai même que l'idée de défense de la caisse commune les rend quelquefois inaccessibles à certaines considérations d'ordre sentimental. J'entrevois chez beaucoup d'entre eux des qualités qui font le parfait capitaliste ».

Et bien, à notre sens, voilà précisément qui est une perte, et considérable.

La sécheresse du capitaliste a son utilité, si elle est strictement limitée aux capitalistes et si le nombre de ceux-ci est limité aux besoins que peut en avoir la société, de façon que leur petit groupe puisse toujours facilement être surveillé, contrôlé et contenu par Topinion publique organisée. Mais cette sécheresse devient un vice si elle dénature les autres facultés, par exemple celles du cœur chez les femmes et les prolétaires.

Les qualités d'un capitaliste chez un prolétaire sont des vices détestables, de même que les sentiments d'insouciance généreuse de celui ci chez celui-là sont des défauts qui ne tarderaient pas à le ruiner.

Chaque catégorie a son champ d'action, chaque organe a sa fonction, d'autant mieux accomplie qu'elle est plus spécialisée. Singulier progrès que de tout confondre ! Ce n'est que dans les êtres les plus inférieurs que tous les organes sont aptes, indifféremment, à toutes les fonctions.

Examinant le projet de M. Mildé, l'ancien ministre Charles Dupuy définit ainsi le bourgeois : « Un homme prévoyant ». Parfait. Mais c'est reconnaître que le prolétaire n'est pas prévoyant de nature. Les

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