CHAPITRE IV — LE SYNDICALISME
as la combativité qu'il faut développer, mais la roductivité.
Pour développer la productivité, il convient, il est •ai, de surexciter Ténergie du patronat et du capilisme par des exigences ouvrières ; mais encore ut-il que ces exigences n'outrepassent point les )ssibilités de la production dans l'état présent de
technique et de la mécanique. L'expérience a enigné au syndicalisme qu'il ne faut ni éliminer le itronat, ni le décourager ; mais, au contraire, l'utiler en le stimulant.
Le socialisme pouvait exaspérer la révolte des mireux contre la dure ploutocratie, le syndicalisme, 1, ne se trouve en contact qu'avec le capital proictif, l'ingénieur, le patron, qui travaillent autant le l'ouvrier. Menacer ce capital productif, c'est, en [ de compte, augmenter le capital parasitaire, îgiotage, d'exploitation ; effrayer l'industriel utile, ;st multiplier l'agioteur nocif.
On le voit, la doctrine qu'on professe à laC. G. T. 3st pas le pur syndicalisme, entendons l'ensemble s principes d'action positive reconnus par la seule périence ouvrière. Il s'y mêle bien des sophismes ;ellectuels, des éléments étrangers, des surviynces socialistes. Mais on peut espérer. Ce n'est pas e doctrine fermée. Elle n'interdit pas l'action, et 3nc elle accepte de se reviser.
Ce qui peut être fécond, c'est l'idéalisme orgalïue du prolétariat exalté. Peu importent l'attitude
les discours insurrectionnels de la phase emjjyonnaire d'aujourd'hui : par là même qu'ils déci-
dent d'agir directement, les travailleurs s'organiseront. En s'organisant, ils deviendront une force, — et toute force, parce qu'elle implique une responsabilité, est créatrice d'ordre.
Puisque le prolétariat veut enfin s'incorporer à la société, il créera ses institutions de libertés positives,— et en s'organisant non en s'opposant, en, travaillant non en détruisant. La vérité essentielle' du syndicalisme^ c'est que, rompant avec tout parlementarisme, il accepte les responsabilités de Faction directe, et ses leçons. Ainsi, il ne peut manquer de se pénétrer de la nécessité de Tordre. Après s'être aperçu, comme le disait Jules Guesde au Congrès socialiste de Nancy, que prétendre transformer le monde avec le boycottage, le sabotage et les grèves est « souverainement ridicule », il se demandera s'il est indispensable de transformer le monde social avant d'en avoir extrait toute la prospérité, la liberté et la force qu'il peut produire par une meilleure ordonnance et une plus ferme direction.
Au fond, le syndicalisme n'est rien moins que révolutionnaire. La sainte horreur du « corporatisme » qu'éprouve M. Caillaux s'explique (1). Le « corporatisme » est, en effet, une profonde réaction organique, et d'abord contre le parlementarisme dissolvant.
(1) Ce n'est point que ce bon bourgeois soit un farouche vandale ; mais il est de ceux-là qui, pour être ministres durant quelques lunes, voire même conseillers municipaux, mettraient le monde sens dessus dessous, à feu et à sang. Le parlementarisme met des torches et des pistolets chargés aux mains de tous ces enfants terribles.