CHAPITRE PREMIER Les Fonctionnaires
En 1903, il y avait en France 703,506 fonctionnaires ; en 1908, 913,192; en 1909, 914,891 (1). Soit, en trois ans, une augmentation d'un quart. Nous en sommes donc à 23 fonctionnaires pour 1,000 Français, — soit le dixième des électeurs votants, le cinquième des électeurs représentés à la Chambre, le tiers des électeurs qui ont formé la majorité ministérielle. Il n'y a aucune raison pour que nous nous arrêtions en si beau chemin avant la catastrophe. 11 ne faut qu'un peu plus de 2 millions d'électeurs pour maintenir la bande radicale au pouvoir : avant cinq ans, si cela peut durer jusque-là, on en fera tous des fonctionnaires.
C'est la logique du système électoral.
Voici la progression que nous montre M, de Foville, par des chiffres :
(1) Y compris près de 150,000 officiers, sous officiers et soldats rengagés.
années
Pour onze ministères
Pour les départementsr et les communes
Depuis 1846, le nombre des fonctionnaires a triplé^ et il a doublé depuis 1872.
Là, nous sommes en tête de tous les pays. Alors que chaque habitant des États-Unis paye 6 francs par an pour Tentretien de ses fonctionnaires, TAnglais, 10 francs, TAUemand, 15 francs, le Français verse au fisc 25 francs.
Aussi, sommes-nous en tête de toutes les nations pour la dette publique. Alors que TAutriche a une dette de 10 milliards ; Tltalie, 13 ; la Grande-Bretagne, 20 ; TAllemagne, 21 ; la Russie, 23, — la France dépasse 29. Chaque Français riche ou pauvre naît donc avec une charge de 730 francs !
On entend bien que ce n'est pas la quantité des fonctionnaires qui est inquiétante. On peut fort bien concevoir un état social où cette quantité serait dépassée. Ce qui est effrayant, c'est Taccroissement insensé de 209,686 fonctionnaires en deux ans, qui ne correspond pas, on le sait bien, à plus de services utiles pour la nation, mais, ai> contraire, j à un détraquement général de Tadministration publique.
Les gros budgets ne sont pas nécessairement un mal. Il n'y a pas de dépenses plus utiles que celles de rÉtat, si l'impôt, équitablement perçu, est bien