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CHAPITRE PREMIER — LES FONCTIONNAIRES

D'après le docteur Gh.-Éd. Lévy, il n'y a qu'à perisuader aux médecins d'aimer leurs malades.

C'est déjà quelque chose. Ce n*est pas tout. 11 faut plus, — et ce qui, précisément, doit susciter réelleînent cette sympathie.

S'il y a des héros qui tombent au chevet des malades, sur le champ de bataille des épidémies, s'il y a du dévouement, du cœur, de rintelligence, du «avoir, pour tout dire, de nobles âmes, il y a aussi, parmi les médecins, trop d'exploiteurs cyniques de la souffrance humaine, trop d'amateurs de dichotomie, trop d'arrivistes, trop de charlatans dangereux. Et malheureusement, dans une anarchie qui s'aggrave chaque jour, ceux-ci se multiplient d'une façon inquiétante et ceux-là se font de plus en plus rares.

Les défauts des malades qu'on se propose de corriger tiennent aux vices des médecins, tels que nous l<es donnent les examens. Ces vices sont autant intellectuels que moraux. La préparation toute matérialiste des médecins n'en fait, somme toute, comme le disait bien Auguste Comte, que des vétérinaires.

On ne soigne pas le corps sans Tâme. C'est ce que n'ignoraient point les anciens « mires », et c'est ce qu'on méconnaît trop à la Faculté, — avec « l'indivisibilité de notre nature tant individuelle que collective ».

On citera, il est vrai, de merveilleuses opérations, on dira que la durée moyenne de la vie s'élève. De même, quand nous montrons le recul de la vraie civilisation dans le désordre, on nous répond télé-

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phone, radium, aéroplane, diplômes universitaires et circulation d'argent.

S'il est exact qu'en moyenne la vie se prolonge, — et on ne le doit pas toujours à la médecine, — nous savons trop que c'est dans la souffrance, l'infirmité et la maladie. Ce qui est encore plus certain, c'est que les maladies nerveuses, mentales, nous dirons volontiers morales, se multiplient et se propagent d'une manière effrayante. La Faculté fabrique des docteurs à la grosse, et le nombre des maladies s'accroît en proportion.

La (( science » de ces vétérinaires, avec ses procédés grossièrement empiriques, est impuissante, il le faut reconnaître, à nous assurer la santé. La santé dépend de l'âme plus que du corps, comme la civilisation progressive dépend de la liberté dans Tordre plus que des machines.

A notre sens, on ne place pas l'art de guérir assez haut. <( Si l'espèce humaine peut être perfectionnée, a dit Descartes, c'est dans la médecine qu'il en faut chercher les moyens ».

Avec Auguste Comte, qui considérait les médecins comme « les précurseurs naturels du sacerdoce sociocratique », nous croyons que la dégénération mentale et morale de l'office médical ne peut que s'accentuer — et donc le malentendu qu'on déplore entre guérisseurs et malades, la méfiance, voire le mépris et la haine de ceux-ci contre ceux-là — tant qu'il ne sera pas incorporé au sacerdoce positif, ce qui aurait pour conséquence directe de subalterniser les fonctions chirurgicales.

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