‹ La crise socialeChapitre 99 sur 184 · CHAPITRE II — l'anarchie DISSOLVANTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II — l'anarchie DISSOLVANTE

vent pas les dépenser ou les organiser. On se disperse et on se contrecarre. Par timidité d'esprit, ou ne dépasse pas le détail, on s'attache à une puérilité, Oïl tombe dans la marotte sénile. On a le vertige de ce qui est grand et la phobie de ce qui est fort.

Évidemment, aucune œuvre sérieuse n'est possible, même avec les meilleurs, dans les conditions anormales où se pourrait déployer notre activité.

Mieux vaut donc se replier sur soi-même que de s'agiter dans le vide et s'évertuer dans la névrose ambiante.

Laissons ceux-ci et ceux-là réformer l'orthographe, le suffrage universel ou la cuisine, propager l'espé-

travaille dans mon coin. Je veux encore que l'individu ne so serve de sa liberté que pour conquérir plus de liberté pour tous, non pour y asservir les autres. Mais je ne confonds point les succès avec les résultats, les excès du pouvoir avec l'exercice de la volonté sociale.

(( Qu'avons-nous fait? La libre-pensée a-t-elle une doctrine? a-t-elle une morale ? La République est-elle réalisée ?

(( Nous le savons, n'est-ce pas ? la démocratie cherche plutôt à profiter qu'à s'organiser.

(( Le danger est là, voyez-vous, dans notre inertie et notre indiscipline, non dans ce que pourraient tenter les moines, s'ils étaient lifcres. Ceux qui agiraient n'auraient rien à redouter de ceux qui prient. Mais nous ne voulons voir le salut que dans la mort universelle. Nous verrons bien ce que ça durera.

« Je demande la liberté positive d'association pour tous les groupements, ceux que connaissent tes juristes et ceux qu'ils paraissent ignorer... Et comme l'expérience m'a montré que le meilleur garant de notre liberté est la sincérité dans l'application de nos principes, je réclame hautement la liberté pour ceux qui me redressent en me contredisant par leurs paroles ou me stimulent en m'opposant leurs entreprises, c'est-à-dire pour les congréganistes. La liberté n'est que cela ».

ranto, le sabotage ou Tarbitrage international, — et préparons-nous, dans le silence, pour la tâche formidable de demain.

La première sera de défendre la Patrie, livrée autant par rimpéritie que par la trahison. « Il manquait à Vercingétorix ce qui est la condition du succès dans les grandes guerres; il lui manquait de commander à une nation sans partis. Les divisions qui existent dans une société se reproduisent toujours de quelque façon dans les armées. Elles se traduisent dans l'âme de chaque soldat par Findécision, le doute, la défiance, tout ce qui paralyse le courage et le rend inutile » (1).

On fait quelque tapage au sujet des doctrines antimilitaristes. On poursuit leurs adeptes et on les emprisonne. Ce sont là des raisons que peuvent entendre des révolutionnaires.

Ce serait bien, si nos gouvernants, cependant qu'ils nous lancent contre les antimilitaristes théoriques, ne faisaient pas de Tantimilitarisme pratique. Ainsi ne semble-t-il pas qu'ils font figure de voleur pourchassé qui crie lui-même : « Au voleur I » pour donner le change?

Faut-il rappeler le désarmement honteux qui a été décidé par la lâcheté parlementaire avec la complicité tacite de la lâcheté générale ?

D'après le ministre de la Guerre, optimiste de profession, c'est de 45,000 hommes que nous avons

(1) FusTEL DE CouLANGES. — Histoive cUs institutions politiques de Vaiicienne France,

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