I.A CHISK m I.IHKHALIS>1K Ii
L'erreur du libéralisme» Je riudiviilualiiîimr, que maintenant nous apercevons elaiii^nu^nl, *:\ï été de transformer une méthode en doolj'ïne. l^mr bien marquer la place de l'individu et de su légitime liberté dans l'économie sociale il éluiL indispensable d'étudier l'individu en lui-mémo; p<Hir cela il fallait analyser Tétat social et anivei' i\ son dernier élément, à l'atome social, à liudividiL De ce point de vue l'individu risquait trappiirtiîtrn comme capable de constituer avec ses seules qua-^ lités d'atome, d'être isolé, la société tiïiil enlit^ie. Il devenait alors nécessairement le buti^L la sociélé le moyen. Mais il a sufli de se remettn^ en face ile la vérité complexe des choses — et c'est pour cehi que l'histoire a eu une si grande place tlans iiotn* siècle — pour s'apercevoir que la sociélé est un fait synthétique pour le moins aussi réel que le fait analytique de l'existence de l'iiulividn, VA tout naturellement on a été porté à exaj^érer les conséquences de cette vue : de là le il(>[fotismc d'état, la tyrannie des consciences, poui' tout dîjH* d'un mot le collectivisme, le socialisme sons toutes leurs formes religieuses, politii|iies, pédagogiques et sociales. La suppression de la liberlé d'enseignement est une des fornu^s du sihialisme.
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XouK devons dépasser encore ce point de vue : Tindividualisme, le libéralisme sont condamnés ; le socialisme, le despotisme ne doivent pas Tètrc moins. De toutes ces grandes recherches, de tout cet effort de la pensée durant quatre siècles, il reste la précision scientifique, apportée à Tidée chrétienne de la valeur de la personne humaine, de la dignité de la pensée, de la sublimité de la conscience, de Tautonomie de la volonté. Rien dliumain n'est au-dessus de la grandeur morale, tout est au-dessous de la vertu. Or, il n'y a ni vertu ni moralité sans liberté, sans l'acceptation volontaire de la loi h laquelle l'être se soumet. Dans la faillite du libéralisme, la bonne volonté conserve son prix et ce prix est infini. Mais cette bonne volonté ne mérite le respect qu'autant qu'elle cherche sa loi avec simplicité et courage et que, l'ayant trouvée, elle s'y soumet, tille ne crée pas la loi, elle la découvre : pour la conscience purement morale la loi demeure tout intérieure et n'en est pas moins réelle ; pour la conscience religieuse la loi se présente avec les caractères extérieurs de l'autorité ecclésiastique ; pour la conscience civique la loi se présente avec les
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caractères extérieurs des promulgations politiques ; Fierreur orgueilleusement satanique des modernes a été de vouloir conférer h la conscience morale, à la liberté individuelle dans tous les domaines cette autonomie absolue de législation qui ne saurait appartenir qu'à Dieu. Dieu seul est absolument autonome. Dieu seul est grand. La grandeur de Thomme consiste à obéir volontairement à Dieu, c'est-à-dire en ce que, découvrant ou recevant des lois qu'il n'a point faites, dont même peut-être il ne comprend point toute la portée ou toute l'ampleur, il s'y range, par raison, volontairement. L'autonomie de l'homme est une condition de sa moralité et de sa vertu, elle est relative et toute d'acceptation, mais elle a une réalité et une valeur qu'on n'a pas le droit de rabaisser, puisque seule elle constitue la moralité humaine. Voilà ce qui reste de l'analyse sociale à laquelle s'est livré l'âge moderne. L'homme a des devoirs sociaux, mais aussi il a des droits et qui veulent être respectés. 11 n'est pas seulement une partie dans un tout, un moyen pour une fin, il est fm aussi puisqu'un Dieu est mort pour lui, il a une valeur inappréciable, infinie puisqu'il peut refléter l'infini de la voûte céleste dans ses yeux, l'infini du réel dans sa pensée, l'infini de la loi morale dans son C(rur.
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On doit donc on tout ce qui n'est pas indisponsahlo i\ la vio socialo, fi sa nccossairo harmonie, à son drvolopp(»ni(Mil, respoclor la lil)orlo do Fospril. Mais r<»lto liborto no peut i^lro ontioro cpraulanl (|irolIo demeure tout intt'^rieure ; dès qu'elle s'exprime et agit sur le dehors elle a des conséquences sociales et par conséquent elle doit composer avec les lois sociologiques. Ce sont ces lois mémos qui fixent par leur nécessité ce qui l)oul être permis, ce qui doit être autorisé, commandé ou défondu. Tout ce qui est certainement nuisible, la société a le droit, le devoir môme de le défendre, dans la mesure même de la nocuité certaine — et cola condamne le libéralisme ; mais ri'^n no doit élre interdit que ce qui est certainemont nuisible et par conséquent le souci du conformisme social ne doit pas ôtre poussé à tel point qu'il étouffe les libres initiatives. La liberté est respectable et a une valeur propre partout oii Tabsonco docortilude sociale laisse la carrière ouvorlo aux inspirations do la conscience, aux recherches do la pensée, — et ainsi est conservé ce qu'il y avait do juste et de véritable dans la doctrine des libéraux. L'autorité sociale se trouve sauvegardée et sauvegardé aussi le respect qui est dû à l'individuelle liberté. Or, cotte doctrine h laquelle tout le monde adhère on pratique, h laquelle bien pou
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de gens refuseraient leur assentiment, nVst pas autre chose que Texpression en termes très généraux de la pure doctrine du catholicisme qui, en même temps qu'il a condamné le libéralisme, a toujours proclamé Texistence et la valeur du libre arbitre dans Fhomme.
Il ne semble donc pas que Ton doive se résigner h ne voir dans l'évolution de la pensée moderne que de la révolte et de l'orgueil. On a le droit d'y voir un progrès, une détermination plus exacte, plus scientifique de la valeur de l'homme, de sa dignité et de ses droits. Un hotnme vaut plus aujourd'hui qu'il y a trois cents ans. Je ne saurais dire autre chose sinon que je vois là un progrès, et non pas seulement au point de vue humain, mais encore au point de vue chrétien, car cela veut dire aussi : un fils de Dieu est plus estimé aujourd'hui qu'il y a trois cents ans. Gela est chrétien, donc cela est juste et cela est bon. C'est Tesprit du Christ, c'est le ferment de l'Evangile qui a poussé, à travers toutes les sottises et toutes les malices humaines, l'évolution moderne h ce terme.
Le libéralisme a trop estimé l'individu comme tel, il a oublié que la valeur vraie de l'individu se mesure non pas h son être individuel, mais h sa
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valour morale. Ce qui vaut dans l'individu, c'est la personne morale, c'est-à-dire la volonté soumise à la loi et par conséquent à la loi sociale, h la loi de dépendance et d'union qui le lie aux autres hommes. Là est la formule qui enlève au libéralisme son venin, qui met un frein aux tyrannies du socialisme. C'est à dégager cette formule que le xix*" siècle a spécialement travaillé. Dans la courbe de l'histoire, ce siècle agité, malheureux, héroïque et admirable paraîtra comme celui où se sont dénouées, pour s'orienter vers un avenir nouveau, les destinées de l'humanité. De là ses troubles, ses agitations, ses révolutions, ses guerres, son apparente anarchie.
Un point est acquis : il y a des lois, des nécessités sociales. Ce point sera celui à l'aide duquel les hommes du xx" siècle pourront soulever le monde. Autour de ce point, à l'aide des sciences, des expériences sociales qui, peu à peu, comme en une discussion méthodiquement menée, élimineront les doctrines erronées, incomplètes, insuffisantes dont les résultats mauvais dénonceront dans la pratique les insuffisances et les erreurs, on finira par trouver pratiquement une assiette stable, qui, par cela môme, deviendra consciemment définitive ; dès lors, on pourra réorganiser la pensée, réorganiser l'acticm. Le monde est en
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travail d'une doctrine élargie de la i:aison, d'une doctrine plus approfondie du droit. Et cela ne veut pas dire que cette doctrine, pour être nouvelle, doive nécessairement contredire en ses résultats derniers les enseignements anciens et traditionnels ; cela veut simplement dire qu'elle devra tenir compte de toutes les réflexions de la pensée moderne, de toutes les acquisitions de la science, de tous les résultats de la critique, de tous les enseignements de l'histoire. Nous nous trouvons à cette heure dans un état provisoire et inévitablement anarchique. Nulle doctrine intégrale ne pourrait par la force s'imposer h l'assentiment social sans risquer de soulever les guerres civiles et on n'a pas le droit, sous un prétexte d'ordre et de paix, de n'aboutir qu'au désordre et à la guerre. Il faut donc au début savoir se contenter du petit nombre de points sur lesquels l'entente obligatoire est possible. Exigeons l'obéissance commune aux indispensables lois, respectons les autorités et la division du travail social, respectons dans les choses laissées libres les manifestations de la pensée d'autrui, sachons inspirer et au besoin imposer le respect de notre propre pensée. Peu à peu, j'en ai la confiance, h l'aide de ce minimum de conformisme social, par la sincérité, par le respect réciproques, par Tinter-
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priuHnilion dos pons^^os, los doctrines à la long^iie SI» réorj^anisoronl, s'imposeront à Tassentiment unanime, et rien ne nous empêche de croire, tout, au contraire, nous porte à espérer que nos lils, h notre défaut, verront se rétablir un consensus moral et social analogue à celui qui régna au moyen Age. O consensus sera le point d'aboutissement de cette longue période critique, aux apparences si clairement anarchiques. Hien nVmpéclie de penser, notre foi nous fait, au contraire, un d(»voir de croire que, comme au moyen âge encore, ce cimsensus pourra s'abriter sous les larges ailes de la pensée catholique. Reconnu comme le seul bon, rétabli en pleine conscience par les libertés qui s y rangeront de leur plein gré, ce consensus sera désormais plus solide que celui qui régna jadis. (]ar la pensée humaine en aura par la critique fait le tour et éprouvé la solidité ; ce qu'elle aima jadis par instinct, et que la force ne put maintenir, elle l'aimera désormais l)ar expérience et par raison et la bonne volonté suffira à le faire subsister. Pour nous, vivons dans ces espérances, travaillons à les préparer en éclairant les aulres, en nous éclairant nousmêmes, et cependant aimons notre temps. (Test celui qui nous est donné ; il n'est pas l'idéal et le meilleur en soi, mais il est le meilleur pour
r.A t:rtisK ti[' luïkraijsmk
nousjmîsqup cqM coliii-lri nn^mc où Dieu nous a mis. Af'i'f'pLtiiis lu lui Jo IH<hi, iiinions-la, ?^*m'v<ïiiS' la, MO nous insurgoonspas contn* cocjui t^st par la volonti^ ou la permission iliiMaîlrcetcoiisûniiiions ainsi, cmi ainianl no iis-ni t'ornes notre temps ponr y faii'O noire devoir d'hommes, de eitoyeiis^ de pa irons, de Iravailleurd, de penseurs et de elire- Mens, la juste défaite du libéralisme.