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Emilion. Elle a notamment étendu l'appellation aux trois communes suivantes : Saint-Pey-d’Armens, Vignonet et Saint-Sulpice-de-Faleyrens, avec exclusion toutefois des alluvions modernes.
Quoi qu'il en soit, les coteaux de Saint-Emilion sont orientés de l’ouest à l’est, leur longueur est d’environ 7 km. 800, et leur largeur moyenne de 3 kilomètres.
Au nord et à l’est de cette première ligne de coteaux, il s’en trouve plusieurs autres qui constituent, dans la majeure partie des cantons de Libourne, Lussac et Castillon, la région des environs de Saint-Emilion.
Le sol, quelquefois siliceux, est plus souvent argilocalcaire; il renferme une proportions plus ou moins grande d'éléments ferrugineux. Le sous-sol est partout rocheux où pierreux, donc excellent pour la vigne.
Les vins produits ne peuvent être mieux définis que par l’appréciation de M. V. Rendu, ancien inspecteur général de l'Agriculture : « Le Saint-Emilion, dit-il, est sans contredit la plus haute expression des vins de côtes. Il à du corps, une belle couleur, une sève agréable, de la générosité et un bouquet tout à fait particulier qu'on trouve surtout dans les meilleurs quartiers de ce vignoble distingué. Le bon vin de Saint-Emilion, après les premières années, doit avoir une couleur foncée, brillante et veloutée, et un cachet d’amertume qui flatte le palais; il faut, en outre, qu'il ait du corps, ce qui ne l'empêche pas de devenir plus tard très coulant. Après six mois de bouteille, il gagne considérablement en finesse; il est dans toute sa perfection de 10 à 20 ans. »
Parmi les crus universellement connus, nous citerons les châteaux Ausone, Bel-Air, Figeac, Cheval-Blanc, la Madeleine, Pavie, Fourtet...
Presque toutes les vignes, plantées généralement aux dimensions de 4 m. 33 x 1 m. 33, sont conduites sur fils de fer, et rares sont celles menées sur échalas.
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Les cépages, tout au moins ceux des grands crus, sont uniquement choisis parmi les meilleurs.
Comme en Médoc, la vinification est très soignée.
Etant donné la nature du sol et la qualité des cépages, le rendement n’est pas considérable, quoique parfois légèrement supérieur à celui du Médoc. Il varie de 2 à 3 tonneaux 1/2 à l’hectare, soit environ 18 à 30 hectolitres.
La production moyenne est de l’ordre de 110.000 hectolitres pour une superficie de 4.300 hectares (soit un rendement moyen de 24 hectolitres), non compris les environs de Saint-Emilion.
4° PomMERor.
Pomerol, au nord de Libourne, est, au dire de M. J.-A. Garde, « un vieux témoin de la civilisation romaine, jadis silloné de deux voies antiques, dont l’une était fréquentée par le consul Ausone pour se rendre du port de Condat à sa villa de Lucaniac ».
Les hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem y établirent au xu° siècle leur première commanderie en Libournais.
Dévastés au xv° siècle, les vignobles furent reconstitués durant les xvr et xvrr siècles.
Actuellement de peu d’étendue, ils ne produisent guère plus de 3.500 hectolitres, mais les vins de Pomerol comptent parmi les meilleurs du département.
Servant de transition entre ceux du Médoc et ceux de Saint-Emilion, ils ont beaucoup de finesse et de bouquet.
Produits sur un sol graveleux ou silico-graveleux, ils sont moins capiteux que ceux de Saint-Emilion, mais tout aussi moelleux ®), et, ce qui les fait rechercher du commerce et des consommateurs, plus vite buvables que ces derniers.
(9) Un vin « moelleux » est celui qui flatte le palais. Le vin rouge moelleux est gras, velouté et fin. Le vin blanc moelleux est l'intermédiaire entre le vin liquoreux et le vin sec.
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La culture est soignée et les crus se ressemblent beaucoup entre eux. Les plus célèbres sont les châteaux Arnaud-Pétrus, l'Evangile, Certan, la Consilliante, Petit- Village, la Pointe...
La superficie du vignoble est d'environ 500 hectares.
Une commune voisine, également réputée, Lalande-de- Pomerol, possède 300 hectares de vignes produisant 4.500 hectolitres environ (dont 900 de vin blanc).
Le rendement moyen pour Pomerol et Lalande-de- Pomerol ne dépasse donc guère 10 hectolitres à l’hectare.
5° FronsAC.
Fronsac, situé à 3 kilomètres de Libourne, est célèbre par son tertre qui domine la plaine environnante et sur lequel Charlemagne avait élevé jadis un imposant château.
Le vignoble s'étend autour et sur les flancs du tertre. Sa superficie est peu étendue : 1.300 hectares. Encore faut-il tenir compte des plantations qui vont jusqu'au bord de la Dordogne et de l'Isle, et qui ne devraient pas faire partie de l'appellation.
À l'exception de la plaine, le sol est accidenté et généralement argilo-calcaire; le sous-sol, argileux ou pierreux.
Les vins du Fronsadais, «très estimés dans le nord de la France, en Belgique, en Hollande, en Angleterre », sont « colorés, robustes, charnus », surtout lorsqu'ils proviennent de la «Côte du Canon». Ils transforment doucement avec l’âge leur richesse généreuse en une finesse exquise.
Parmi les crus réputés, citons : les châteaux Canon, la Marche-Canon, la Tour-Canon, Horeau, Junayme.….
Les méthodes de culture et de vinification sont les mêmes que dans le Saint-Emilionnais.
La production atteint environ 23.000 hectolitres (dont
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4.000 de vin blanc). Le rendement ressort à 19 hectolitres à l’hectare.
6° Les PREMIÈRES CÔTES DE BORDEAUX (vins rouges).
Cette région comprend, ainsi que nous le verrons plus loin pour les vins blancs, la première ligne de côtes parallèles à la rive droite de la Garonne. Elle produit, aux environs de Bordeaux, les vins rouges très estimés de Cambes, Quinsac, Camblanes, Beaurech, Latresne, Bouliac et Floirac.
Quoique faisant géographiquement partie de l’Entredeux-Mers, les Premières Côtes doivent en être soigneusement distinguées au point de vue viticole. Leur étendue est d’ailleurs assez restreinte et il y à peu à dire sur les méthodes de cultures utilisées : ce sont celles des autres régions productrices de grands vins rouges.
Les cépages plantés sont choisis parmi les meilleurs, et les rendements varient entre 25 et 30 hectolitres à l’hectare.
8 2. — Les Graves.
Nous plaçons cette région à part en raison de ce qu’elle produit à la fois des vins rouges et des vins blancs aussi réputés les uns que les autres.
On appelle Graves la région qui commence au sud de la Jalle de Blanquefort, contourne Bordeaux et s’étend parallèlement au cours de la Garonne jusqu’à la région de Sauternes. Cette zone a environ 50 kilomètres de longueur sur une quinzaine de large.
Les Graves portent des cultures très variées, mais les vignes couvrent surtout les croupes graveleuses bien orientées.
Les sols sablo-graveleux existent ici en bien plus forte
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proportion que dans le Médoc où dominent surtout les sols argilo-graveleux, et cela explique le caractère plus léger, plus délicat, des vins de Graves par rapport à ceux du Médoc. La couche de gravier varie de 50 centimètres à 3 mètres au plus.
Le sous-sol est formé d’alios ou d'arène (cailloux coagulés). Il est sur quelques points argileux, calcaire, pierreux ou graveleux. Ces terrains impropres aux autres cultures sont excellents pour la vigne, mais, par contre, les rendements sont, ici aussi, assez faibles, puisqu'ils varient de 2 à 2 tonneaux 1/2, soit 18 à 20 hectolitres à l’hectare dans les bonnes années.
Cette région produit des vins, rouges dans sa partie nord, blancs dans sa partie sud, qui, depuis la plus haute antiquité, ont rehaussé dans le monde la renommée des vins de Bordeaux.
« Dès le moyen âge, leur réputation était très grande, car nous voyons punir sévèrement les marchands qui trompaient le public en criant sous le nom de « vins de Graves » les vins d’autres contrées, même ceux du Médoc. Les vins de Graves avaient tous les droits à être appelés vins de Bordeaux, car ce vaste vignoble dépendait de la juridiction de Bordeaux; il enserrait complètement notre vieille Burdigala... » (0),
«.… En 4647, dans la classification faite par la Jurade de Bordeaux dans le but de fixer le prix des vins de la sénéchaussée privilégiée, les Graves sont placées en tête des 17 sous-régions viticoles alors connues. » (1),
Si l’on parcourt les livres publiés il y à une centaine d'années sur le vignoble girondin, on voit mettre sur le même pied les vins blancs des Graves et ceux de la région de Sauternes. Ils ont, en effet, dans les vins secs,
(10) Cocks et Féret, 1929, p. 364.
(4) Riedel, Les Graves de Bordeaux, p. 73.