‹ La Crise Viticole en GirondeChapitre 18 sur 78 · IMAGE NA · texte numérisé non relu

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Le 23 février 1846, se constitue à Bordeaux l'Association pour la liberté des échanges. Frédéric Bastiat prend la tête du mouvement et lutte ardemment, jusqu à sa mort survenue prématurément à Ronie le 24 décembre 1850, pour la liberté des échanges, qui, seule, pouvait sauver notre commerce et ramener la prospérité en Gironde.

Les efforts de du Perrier de Larsan, de La Myre-Mory, de Duffour-Dubergier, de Bastiat.…., furent couronnés de succès en 4859, à l’occasion de la venue de Richard Cobden à Paris, puis à Bordeaux, et de la conclusion, le 23 janvier 1860, du fameux traité franco-anglais, qui fut la source, pour les deux pays et pour le monde, d’une période de richesse inégalée.

Grâce à la liberté des échanges, « les grands vignobles de France, écrit M. Fernand Paillère, connurent une ère de prospérité magnifique; leur production moyenne donne près de 2 milliards de francs-or.

» De 1860 à 1890, Bordeaux connut une prospérité sans précédent; de 1866 à 1899 (Camille Julian, Histoire de Bordeaux), son commerce d'exportation doubla; il atteignit 890 millions en 1889 (près de 8 milliards de 1937). En Afrique, de nouveaux débouchés s’ouvrirent à nos vins. En Chine, la consommation moyenne s’éleva à 11.000 hectolitres; en Argentine, l'exportation passa, en dix ans, de 35.000 hectolitres, à 300.000... L’exportation des vins, en 1890, s’éleva à 1.400.000 hectolitres; en 1936, à 185.000. » @). |

Tels furent, pour notre pays et pour la Gironde, les

effets du libre-échange.

Le régime des barrières douanières, des contingentements et l’envahissante autarchie lui ont succédé. Nous en connaissons les conséquences : méfiance et hostilité

(9) F. Paiïllère, La lutte en Gironde pour l'amélioration des échanges entre les nations, p. 41.

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entre les peuples, souffrances de millions d'hommes privés de blé, de vin ou d’autres produits indispensables à la vie, alors que ces denrées surabondent, bloquées dans d’autres contrées, les échanges internationaux étant entravés par les innombrables obstacles artificiels élevés entre les peuples pour leur plus grand dommage.

La France agricole, et surtout viticole, souffre cruellement d’un tel état de choses.

La chute des cours et l’augmentation des charges sont angoissantes, et M. Fernand Paillère peut conclure :

« En 1880, un tonneau de grand vin du Médoc (vaut) : 3.800 francs-or.

» En 1890, un tonneau de grand vin du Médoc (vaut) : 4.500 francs-or.

» En 1937, les mêmes crus ne se vendront plus que 8.500 francs-papier; en valeur absolue ils ont perdu les trois quarts de leur valeur...

» … Avant la guerre de 1914, la culture de 1 hectare de vigne en Médoc s'élève à 800 francs-or, aujourd'hui 8.000 à 9.000 francs-papier.

» C’est un désastre sans précédent. » (10),

(10) F. Paiïllère, op. cit., p. 41.

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